Co-organisée par la France, quels sont les enjeux de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan ?

Co-organisée par la France et le Costa Rica, la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3), commence le 9 juin à Nice pour cinq jours. Son ambition est de réussir à obtenir à un accord de même nature qu’il y a dix ans pour la COP21 à Paris.

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pollution mer
La pollution aux déchets plastiques sera au centre des discussions à Nice.

Les océans sont en danger avec la hausse des températures de l’eau (+1,5°C en un siècle), acidification (un tiers des rejets de CO2 a été absorbé par les océans depuis la Révolution industrielle) et l'élévation accélérée du niveau de la mer. Autant dire qu’avec la tendance actuelle, ces prévisions pourraient être largement dépassées.

Il est donc urgent d’agir et c’est dans cette optique que seront réunis plus de 100 États membres des Nations unies, une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement, des membres de la société civile et du secteur privé du 9 au 13 juin à Nice à l’occasion de l’UNOC-3, la troisième édition de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, co-organisée par la France et le Costa-Rica. «C’est la plus grande conférence jamais organisée sur la protection des océans » indique-t-on au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique. Il faudra donc prendre des décisions rapides et efficaces pour préserver les océans menacés par le réchauffement climatique, les pollutions, notamment plastiques (15 tonnes sont rejetées chaque minute dans les océans) et hydrocarbures, et une surexploitation de la pêche. À l’échelle mondiale, 80% des eaux usées sont rejetées dans les mers.

Mettre en œuvre l’ODD 14

Cela signifie évaluer et accélérer la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 14, qui fait partie des 17 ODD de l’Agenda 2030 adopté en 2015. Que dit-il ? «Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable». Ce qui veut dire gérer durablement les ressources halieutiques, préserver les milieux marins et côtiers, lutter contre l’acidification des océans et réduire les pollutions marines, notamment celles du transport maritime. L’objectif de ce secteur est d’atteindre en 2050 zéro émission nette. Ce n’est pas en remplaçant le fuel par le GNL sur les paquebots et les porte-conteneurs que les engagements pourront être tenus. L’armateur français CMA-CGM partenaire de l’UNOC-3 veut profiter de l’occasion pour montrer ses solutions pour décarboner le secteur, rendre la logistique durable et respecter les écosystèmes marins. Communication ou réelle prise de conscience ?

BBNJ, connaissances scientifiques et financements

La France et le Costa-Rica avaient déjà porté le principe de protéger 30% des terres et des mers lors de la COP15 de Kumming-Montréal sur la biodiversité. Lors du One Ocean Summit de Brest en 2022 avait été lancée la Coalition de la haute ambition pour le Traité sur la biodiversité en haute mer. Depuis mars 2023, le BBNJ a été adopté puis ratifié un an plus tard. La France espère donc qu’il puisse entrer en vigueur en 2025. 60 ratifications sont nécessaires. Aujourd’hui, selon le ministère de la Transition écologique, « 8,4% des océans font l’objet d’une protection et l’objectif de l’UNOC est de de rapprocher ce chiffre de 30%, qui est l’objectif fixé par les Nations Unies pour 2030. On est assez confiant sur le fait qu’on atteindra au moins 10% et probablement plus en termes d’annonces à Nice». C’est l’un des trois objectifs majeurs.

Le second concerne les connaissances scientifiques à renforcer et mieux diffuser afin de faciliter de meilleures prises de décisions politiques. Enfin, le troisième sujet essentiel est sans doute le plus délicat, comme on a pu le constater lors des récentes COP sur le climat. Il s’agit de mobiliser «des financements pour conserver et exploiter de manière durable l’Océan, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable (ODD 14) et soutenir le développement d’une économie bleue durable», selon l’UNOC-3.

175 milliards de dollars par an

De ce côté, la France peut s’appuyer sur l’Agence française du développement (AFD) qui a financé plus de 350 projets liés aux océans entre 2020 et 2024 pour un montant de 4,2 milliards d’euros. Ils vont de l’adaptation côtière aux changements climatiques (initiative Kiwa pour les îles du Pacifique) à la lutte contre la pollution plastique, en passant par une gestion durable des ressources halieutiques (Guinée) et la protection des écosystèmes marins.

Mais c’est une goutte d’eau dans un océan de besoins financiers comme l’explique Xiaoting Jin, experte biodiversité et océans, notamment sur les sujets de financement à l’AFD. « L’objectif est d’atteindre 175 milliards de dollars par an, précise-t-elle. Or, actuellement, nous sommes à 25 milliards par an et les modèles économiques ne sont pas évidents à mettre en place. »

En dehors du sommet UNOC-3, d’autres évènements sont organisés depuis le 3 juin comme le Sommet mondial des villes sur l’érosion côtière et la montée des océans ou le One Ocean Science Congress. En fin de semaine prochaine, un « Plan d’Action de Nice » doit être publié. Il sera composé d’une déclaration politique et d’une liste d’engagements volontaires de la part des parties prenantes et de nombreuses coalitions. A ce titre, l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), appelle les dirigeants mondiaux à reconnaître l’océan comme pilier central de l’action climatique, à l’approche de la COP30 qui se tiendra en novembre au Brésil.

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