Plan d’adaptation au dérèglement climatique, Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), meilleur recyclage du plastique, implication des assurances dans la prévention aux catastrophes naturelles… Les chantiers pour 2025 ne manquent pas pour Agnès Pannier-Runacher qui a présenté ses vœux à la presse et aux acteurs de la transition écologique dans le cadre prestigieux de la grande galerie de l’évolution au Museum d’histoire naturelle, «qui porte en lui le souvenir des bouleversements passés et la menace de ceux à venir». Et de rappeler les catastrophes climatiques qui ont frappé l’Hexagone en 2024 et tout récemment la Bretagne.
Après avoir prévenu que 2025 serait l’année de tous les dangers pour l’environnement, évoquant la montée des populismes, elle a rappelé «avec force que l’écologie n’est pas un luxe réservé à une élite de grandes villes. […] La transition écologique, c’est la seule réponse viable dont nous disposons pour lutter contre trois menaces – le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité et les pollutions. Trois menaces qui vont s’inviter violemment dans nos quotidiens dans les années à venir […] elles sont à l’origine du durcissement des politiques menées par des Etats-nations qui veulent sécuriser leur accès aux matières premières stratégiques : l’énergie, l’eau, les métaux critiques, les matières premières naturelles…».
Le plan adaptation et la PPE publiés en début d’année
Pour défendre les industries moins polluantes et moins émettrices et démontrer que «l’écologie doit être populaire pour ne pas devenir un repoussoir», la ministre de la Transition écologique a annoncé plusieurs chantiers importants pour 2025. Avec des dossiers chauds qui ont pris beaucoup de retard. Elle a promis de publier le Plan d’adaptation au dérèglement climatique pour les prochaines semaines. Et la publication de la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), tant attendue est prévue pour le début du deuxième trimestre. Elle doit permettre d’ici à 2035 de réduire «d’un tiers notre dépendance aux énergies fossiles au bénéfice du nucléaire et des énergies renouvelables, notamment la géothermie et l’hydraulique».
Impliquer les assurances dans la prévention
Pour lutter contre les effets du dérèglement climatique, la ministre promet avant la fin de l’année un dispositif d’accompagnement et de financement clair pour protéger les zones littorales de la submersion marine et du recul du trait de côte. Et elle va soutenir la proposition de loi de la sénatrice Lavarde, votée au Sénat, sur le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles. «Et je ferai évoluer, avec mon collègue Eric Lombard, ministre de l’Economie et des Finances, notre modèle assurantiel dans le contexte du dérèglement climatique en m’appuyant sur tous les travaux menés ces dernières années, a affirmé Agnès Pannier-Runacher. Car il est inacceptable que des communes ou des particuliers ne puissent plus s’assurer, et il est essentiel d’impliquer les assurances dans le financement de la prévention.»
Pour s’attaquer à la raréfaction de la ressource, la ministre va poursuivre le Plan eau tout en y ajoutant «trois ambitions» : un meilleur partage de la ressource, notamment en recensant les projets prioritaires pour le stockage de l’eau et allant plus loin dans la réutilisation des eaux usées, la publication de la feuille de route sur la qualité des eaux de captage, et enfin le travail bassin par bassin à un plan pour traiter la ressource à l’horizon 2050.
Contrat stratégique de la filière des produits de la mer
La ministre souhaite aussi développer les filières économiques stratégiques, sur la forêt et la filière bois, notamment en protégeant nos puits de carbone naturels. L’autre filière-clé mise en avant est celle des produits de la mer (pêche, aquaculture, algoculture). «Alors que notre pays dispose de la deuxième zone économique exclusive au monde, 70% des produits de la mer que nous consommons sont importés», dénonce la ministre. Elle va donc signer, dans quelques semaines, un contrat stratégique de filière avec les régions et les acteurs économiques. Et les acteurs de l’économie bleue seront mis à l’honneur au prochain sommet Choose France.
Autre annonce : la création d’une filière des emballages industriels et commerciaux pour enfin atteindre les objectifs en matière de recyclage des déchets plastiques. «Aujourd’hui, nous n’atteignons pas nos objectifs et cela nous coûte 1,5 milliard d’euros.» Pour une économie plus circulaire, elle souhaite également diffuser l’affichage environnemental sur les vêtements et l’alimentation et soutenir la lutte contre l’ultra fast-fashion.
Et pour arriver à cette transition écologique, elle demande de simplifier nos méthodes de travail avec « un juste équilibre entre normes et action pour ne pas retarder les projets.» Par contre, pas question de s’attaquer aux agents de l’OFB et de l’Ademe, à qui elle apporte son total soutien. «Je n’accepterai jamais, jamais, que l’on mette des cibles dans le dos d’agents publics. Ceux qui le font me trouveront sur leur chemin.» Voilà qui est clair !



