C’est ce que les économistes appelleraient un signal faible. Lors de sa traditionnelle conférence sur l’approvisionnement électrique de l’hiver, le transporteur d’électricité RTE n’a pas juste alerté sur de possibles difficultés fin février et début mars 2021. Treize réacteurs nucléaires sur 56 seront alors à l’arrêt en même temps, en raison de maintenances décalées à cause de la pandémie. RTE a également annoncé qu’à ses habituels outils de flexibilité (effacement, baisses de tension et coupures programmées), il en ajoutait un nouveau.
Il va aussi compter sur le civisme énergétique des consommateurs particuliers. Le gestionnaire du réseau a annoncé étendre à toute la France son dispositif Ecowatt. Créée il y a dix ans avec l’Ademe, cette sorte de météo électrique est utilisée en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, des régions "en bout de ligne", historiquement concernées par la sécurité d’alimentation en électricité. Elle permet à chacun d’agir sur sa consommation d’électricité aux moments les plus pertinents pour la collectivité. Aujourd’hui, un site, monecowatt.fr, signale l’état du réseau, de vert à rouge. En cas de consommation trop élevée, une alerte SMS "vigilance coupure" est envoyée pour inciter chaque citoyen à réduire ou à décaler sa consommation. Demain, Ecowatt conseillera aussi sur le moment de charger sa voiture ou de profiter d’un arrivage massif d’énergie renouvelable.
Parc nucléaire vieillissant
Cette généralisation de l’outil à tout le territoire dit deux choses. Que le nucléaire vieillissant ne garantit plus un approvisionnement électrique sans faille. Mais aussi, et surtout, que la transition énergétique, qui va massivement passer par l’électrification des usages pour sortir des énergies fossiles et par une certaine sobriété énergétique, aura besoin de consommateurs responsables. L’énergie ne sera plus un bien que l’on consomme sans se soucier d’où il vient.



