Face à une "situation inédite" sur la sécurité d’approvisionnement électrique durant l’hiver 2020-2021, nécessitant "une très grande vigilance", Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, annonce des "mesures inédites". En effet, à cause de la crise sanitaire, EDF a dû décaler tout son planning de maintenance de ses réacteurs nucléaire. Nous serons donc cet hiver dans une situation "dégradée", avec "6 GW [de capacités nucléaires disponibles] en novembre/décembre et 3 GW en moins en février par rapport au planning prévu avant la crise sanitaire", observe François Brottes, président de RTE, en charge de l’équilibre du réseau électrique.
6 GW de nucléaire manquent cet hiver
Cela aurait pu être pire. Sans le travail de reprogrammation réalisé par EDF, "c’est 15 GW" qui auraient manqué cet hiver, alors que "les prévisions de consommation pour l’hiver prochain sont "à 1,5 % ou 2 % près les mêmes que l’année dernière", précise le président de RTE. Mais, il faudra selon lui être vigilant dès la fin octobre.

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Il y a quand même de bonnes nouvelles. Côté renouvelables, "les stocks d’hydraulique sont au plus haut depuis 10 ans avec 95 % de taux de remplissage", et dans le solaire et l’éolien, "les investissements ont repris, et on devrait atteindre le taux de mise en service prévu pour 2020", anticipe François Brottes. RTE sait aussi qu’il pourra compter sur 10 GW de capacité chez nos voisins européens, en cas de pointe.
Un coup de pouce thermostat
Malgré tout, en cas de très grand froid, RTE devra activer ses leviers de flexibilités. Entre l’interruptibilité chez les très gros consommateurs industriels, l’effacement chez les professionnels et le report de consommation chez les particuliers (testé en Bretagne et qui sera généralisé à toute la France), RTE dispose d’une réserve de 7 à 8 GW, avant d’être obligé d’utiliser le délestage, c’est-à-dire "des coupures d’électricité, ciblées, limitées et maîtrisées".
Mais le gouvernement est bien décidé à tout faire pour que RTE ne soit pas un jour obligé d’en arriver là. Élisabeth Borne a donc annoncé une série de mesures. Pour aider les particuliers à s’équiper de thermostats intelligents, elle lance un "coup de pouce thermostat" de 150 euros, fiancé par les Certificats d’économie d’énergie. Cela représenterait jusqu’à 50 % du coût de l’installation, avec, un retour sur investissement en deux ans, en tenant compte des économies réalisées. L’Ademe devrait par ailleurs lancer en septembre une campagne de communication sur les éco-gestes en matière d’énergie.
Des bonus pour les CPE et pour l'effacement
Pour le tertiaire, la ministre a annoncé un bonus sur les contrats de performance énergétique portant sur un tiers du coût des travaux. Et pour les entreprises, le tarif pour l’effacement du nouvel appel d’offres sera doublé passe de 30 000 euros du mégawattheure à 60000 €/MW. La ministre espère ainsi augmenter de 500 MW les capacités de flexibilité dont disposera RTE. Élisabeth Borne sollicite aussi les fournisseurs d’énergie pour qu’ils développent des offres tarifaires incitant à consommer moins aux heures de pointe, pourquoi pas, là aussi avec des offres d’effacement, comme le propose le français Voltalis.
Le coût de toutes ces mesures n’a pas été proprement chiffré par la ministre. On sait juste que les mesures d’effacements supplémentaires nécessaires sont de l’ordre de "15 millions d’euros" par an, a indiqué François Brottes.



