« Cette crise a un aspect positif, elle nous offre le temps de nous poser pour sortir des cartons les projets ou d’en définir de nouveaux. » La sinistrose, très peu pour Clémentine Gallet, la présidente de Coriolis Composites. Sa société, à Quéven (Morbihan), essuie pourtant de fortes bourrasques, avec un effectif passé en un an de 130 à 100 personnes et un chiffre d’affaires qui n’atteindra pas en 2020 le niveau de 2019 (25 millions d’euros). La dirigeante manœuvre pour emmener son entreprise, qui compte pour clients tous les grands donneurs d’ordres aéronautiques présents en France, vers de nouveaux horizons.
Une double ambition
« Aujourd’hui, nous vendons des machines et des logiciels associés pour produire de manière optimale des pièces spécifiques en composites, explique Clémentine Gallet. L’objectif désormais est de développer des logiciels de traitement des données générées par nos machines.» L’ambition est double. Elle vise d’abord à mieux valoriser les données des machines pour que les clients en tirent davantage de valeur. Mais aussi à réinjecter ces données dans les machines pour améliorer la production, en termes de compétitivité et de qualité. « L’activité logicielle représente aujourd’hui 10 % de notre chiffre d’affaires et l’ambition est d’augmenter significativement cette part », lance la responsable. Pour soutenir cette activité en plein essor, il a fallu procéder à des transferts internes. L'effectif affecté à la R&D est désormais de 30 personnes.
En parallèle, Coriolis Composites compte sur deux autres leviers de croissance : le développement d’une nouvelle gamme de machines adaptées aux très prometteurs composites thermoplastiques ainsi qu’une diversification dans l’automobile, via des équipements de production dédiés aux réservoirs à hydrogène. «Nous avons pris le temps de réfléchir à ce que devra être l’entreprise dans trois ans, quand nous devrions sortir de la crise», résume Clémentine Gallet. La réflexion a été fructueuse.



