Made in France : A contre-courant de la finance, cette PME agroalimentaire de la Beauce investit sur le long terme

[50 sagas industrielles familiales] Tout l'été, L'Usine Nouvelle vous emmène pour un tour de France des success stories familiales dans l'industrie. En Eure-et-Loir, les Moulins Viron ont joué la carte du temps long pour investir. Un pari payant pour l'entreprise dont les techniques intéressent jusqu'au Japon. 

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Alexandre Viron a repris l'entreprise familiale dont les origines se trouvent avant la Révolution française.

Depuis 1816, les Moulins Viron perpétuent une tradition familiale qui s’adapte aux époques sans jamais renier ses racines. «Nous en sommes à la sixième ou septième génération, mais les registres ont disparu à la Révolution française, ce qui complique la traçabilité complète», confie non sans fierté Alexandre Viron, à la tête de l’entreprise depuis 1995. Cette continuité est au cœur de la réussite de la minoterie. «La force d’une entreprise familiale, c’est la capacité à prendre des décisions sur le long terme. Si l’on fait entrer des investisseurs, on bascule dans une logique de retour sur investissement rapide, ce qui n’a aucun sens dans un métier comme la meunerie.»

Ce choix assumé a permis à la maison de bâtir des succès patiemment, comme la célèbre baguette tradition Retrodor, conçue en 1987 à partir de blés issus exclusivement de la Beauce et de l’Eure-et-Loir. «Il a fallu dix ans pour qu’elle évolue et vingt-cinq à trente ans pour qu’elle se vende vraiment. Ce temps long, un groupe ne l’aurait jamais accepté.»

Un savoir-faire exporté au Japon

Installés au Coudray (Eure-et-Loir) depuis 1927, les Moulins Viron réalisent 25 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec plus de 1300 artisans boulangers partenaires dans 26 pays, dont 650 en France. L’innovation est un ingrédient clé de leur croissance : laboratoire interne dès 1988, certification ISO 22000, création d’une gamme 100% bio en 2014, et plateforme de variétés anciennes dès 2018. «Nous avons testé 120 blés anciens, pour ne garder que les 20 plus intéressants. Ce genre de recherche est impossible s’il faut rendre des comptes financiers chaque trimestre.»

En parallèle de la meunerie, l’entreprise a ouvert une école reconnue. «Nous formons 300 à 600 personnes par an, venues de France comme du Japon. Et ce, aussi bien à la technique qu’au management et à la gestion, et dans toutes les langues.» Un outil stratégique pour diffuser une culture de l’excellence. Ce modèle a cependant ses limites. Alexandre Viron alerte sur les contraintes fiscales : «Les droits de succession sont un frein à la transmission. Pendant que vous remboursez l’impôt, vous ne pouvez pas investir.» Un obstacle inconnu de ses concurrents coopératifs ou étrangers.

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Malgré ces défis, l’entreprise poursuit ses innovations, des farines bio Les Farines d’Émile aux projets anti-gaspillage. Avec pour objectif de pérenniser son fonctionnement ancré dans le temps long : «Nous consolidons à chaque génération ce qui a été construit, avec l’agilité que permet un capital indépendant.»

Moulins Viron en bref

Fondation 1816

6e ou 7e génération

25 M€ de CA

35 salariés hors fonctions support

 

3744 3745 Juillet août 2025
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