Ce sont généralement des moines ou des pharmaciens qui ont créé les liqueurs françaises. Émile Giffard, l’inventeur de la Menthe-Pastille, appartient à la seconde catégorie. C’est en 1885 que ce pharmacien d’Angers (Maine-et-Loire), décrit comme «curieux et fin gourmet», met au point cette liqueur de menthe blanche qu’il teste auprès des clients du Grand Hôtel, voisin, «pour les soulager de la chaleur».
Ce produit patrimonial est toujours à la hausse. «Il plaît aux trentenaires, comme s’il avait sauté une génération», s’étonne Édith Giffard. Aux commandes de la société depuis trente-quatre ans, avec son frère Bruno, cette dernière vient de passer le flambeau à la cinquième génération, incarnée par Pierre Jouanneau-Giffard et sa cousine Émilie Giffard, perpétuant ainsi le patronyme et un actionnariat 100 % familial. En cent quarante ans, Giffard a multiplié les liqueurs, comme le fameux guignolet d’Anjou, mais aussi les crèmes et les sirops de fruits et de plantes, qu’elle sait décliner à l’infini. En 2023, l’entreprise d’Avrillé (Maine-et-Loire) a développé une nouvelle gamme de liqueurs sans alcool, distincte des sirops, répondant à une demande forte, au-delà du seul «dry january», toute bonne carte de cocktails étant désormais tenue de proposer des recettes non alcoolisées.
Afin d’accompagner cet essor, elle a investi 30 millions d’euros en 2024 pour construire une unité de 10000m² dédiée aux liqueurs avec et sans alcool sur son site de Saint-Léger-des-Bois, près d’Angers. En 2017, Giffard avait installé ex nihilo dans ce village une usine de sirops et un pôle logistique de 7000 m². Depuis, la marque a plus que doublé ses ventes, de 5 à 12 millions de bouteilles, le chiffre d’affaires passant de 20 à 56 millions d’euros en 2024 et l’effectif de 70 à 150 salariés. Quelque 70% de la production sont exportés dans 90 pays.
Giffard en bref
- Fondation : 1885
- 5e génération
- 56 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024
- 150 salariés



