C’est une polémique bien française, alimentée au plus près du terrain, pour mieux fustiger les décideurs "à Paris", en premier lieu le gouvernement. Avant même que le ministère du Travail ne dévoile un millésime 2019 historique pour l’apprentissage, un tir de barrage préventif avait été déclenché dans plusieurs régions.
Cela fait même plusieurs mois, depuis l’adoption de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, en septembre 2018, que sont répétés, ici ou là, les mêmes arguments. Pour simplifier, la réforme, qui a libéralisé l’ouverture des centres de formation d’apprentis (CFA) en sortant les régions du jeu et dynamité le circuit tortueux de la taxe d’apprentissage, menacerait de priver les territoires les moins dynamiques de cette forme d’enseignement. Rien de moins.
On recense près de 1 200 CFA en France, mais on ne compte plus le nombre de gouvernements qui ont voulu faire de l’apprentissage une voie royale vers l’emploi. Tout le monde devrait donc se réjouir de l’embellie constatée l’an dernier. Le nombre de jeunes qui ont opté pour l’apprentissage s’est élevé à 368 800, dont 353 000 dans le privé, soit une augmentation de 16 %. Du jamais-vu. Une hausse spectaculaire qui a profité à tous les secteurs, notamment l’industrie (+ 11 %) et le BTP (+ 13 %), et ce quel que soit le niveau de diplôme. Et contrairement aux pronostics des oiseaux de mauvais augure, on constate une embellie dans... quasiment tous les départements. Résultat, on comptait quelque 491 300 apprentis fin décembre.
C’en était trop pour l’association Régions de France, qui réunit les présidents de conseils régionaux, pour qui ce succès serait avant tout celui des territoires, injustement dépossédés de la compétence qui était la leur en matière d’apprentissage jusqu’à la réforme. Il faut être d’une mauvaise foi crasse, ou se complaire dans la politique politicienne, pour ne pas reconnaître que la simplification et l’intérêt financier du nouveau système constituent de réelles avancées. Comment expliquer autrement les nombreuses ouvertures de CFA d’entreprise ? La seule fédération de la métallurgie prévoit une augmentation de 50 % du nombre de ses apprentis, qui passerait de 50 000 à 75 000. Il y va de l’apprentissage comme de l’emploi, les bons résultats enregistrés ces derniers mois tardent à convaincre les plus sceptiques de la bonne santé des entreprises françaises, qui investissent et embauchent !



