Attention à l’effet de loupe. Du projet de loi climat de l’Union européenne dévoilé le 4 mars 2020, on n’a pour l’instant retenu que ce qu’il ne contenait pas ! Les écologistes, oubliant l’ambitieux objectif de parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici à 2050 à l’échelle de l’Union, soit 27 pays, ont critiqué l’absence d’une révision immédiate à la hausse des réductions d’émission d’ici à 2030.
Fixé pour l’instant à - 40 %, il faudrait plus sûrement viser - 60 % pour avoir une toute petite chance de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Le projet de loi européen ne contient pour l’instant qu’un calendrier pour affiner les objectifs à moyen terme, avec les mécanismes de mesures et de suivis des objectifs de chaque État de l’Union, avec des points tous les cinq ans, calés sur le suivi de l’accord de Paris. C’est mieux que rien. Mais cela paraît encore trop long face à l’urgence climatique.
Le problème est peut-être aussi que les autres outils politiques imaginés pour parvenir à la neutralité carbone restent en dehors de la loi. Et notamment les consultations publiques directes, comme celles que lance la Commission européenne sur le pacte européen pour le climat ou le mécanisme d’ajustement aux frontières pour taxer l’acier et le ciment trop carbonés. Or, comme la France l’a compris en lançant sa Convention citoyenne pour le climat dans la foulée de sa loi climat énergie de novembre 2019, les politiques n’ont pas été élus avec ce mandat écologique de tout chambouler pour atteindre la neutralité carbone. Et les agendas politiques, démocratiques et législatifs sont inadaptés. La légitimité pour les outrepasser ne peut venir que des citoyens. Encore faut-il se mettre dans l’obligation de les écouter. C’est ce qui manque au projet de loi européen sur le climat.



