Calogena en tête dans la course aux SMR avec le dépôt de son dossier d’option de sûreté à l’ASN

Spin-off du groupe Gorgé, Calogena développe un miniréacteur nucléaire à eau bouillante basse pression destiné au chauffage urbain. L'entreprise a annoncé le 5 novembre avoir déposé son dossier d’option de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire française. Elle vise la mise en service d’un premier exemplaire en 2032.

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SMR Calogena CAL 30
Pour assurer une sureté passive, le réacteur du SMR Calogene fonctionnera à basse pression et sera plongé dans une piscine enterrée.

Calogena pointe en tête dans la course au miniréacteur nucléaire (SMR). Portée par Raphaël Gorgé, PDG du groupe Gorgé, ancien d’EDF et de Framatome, la start-up a annoncé le 5 novembre avoir déposé son dossier d’option de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour son mini réacteur à eau bouillante basse pression de 30 MW thermique. Appelé Cal-30, il est destiné aux réseaux de chaleur urbains en remplacement des traditionnelles chaudières au fioul ou au gaz.

Si Calogena devance, de loin, les autres start-up du secteur dans la course à la certification de son miniréacteur, c’est qu’elle a misé dès le début sur la même technologie éprouvée que celle utilisée par les réacteurs du parc français actuel, dite REP (réacteurs à eau pressurisée). Sa puissance est 150 fois moindre que celle d’un EPR et sa pression à 5 bars au lieu de 155 dans les réacteurs destiné à produire de l’électricité. Cette dernière est suffisante pour fournir de la chaleur entre 70 et 110°C nécessaire au chauffage et «écarte le risque de fusion du cœur», assure Julien Dereux, directeur général de Calogena.

Le premier de la série en service en 2032

Le cœur du réacteur sera composé de 32 assemblages de crayons d’uranium de 1 mètre de haut, représentant un volume de 20 mètres cubes, «soit la taille d’une machine à laver». Pour assurer la sûreté passive du réacteur, le réacteur du Cal-30 sera enterré à 10 mètres sous terre et plongé dans une piscine 25 mètres de fond. Cela «assurera le refroidissement et laissera au moins 7 jours aux équipes pour intervenir en cas d’arrêt», avait expliqué Raphaël Gorgé à L’Usine Nouvelle en décembre 2023. L'entreprise attend maintenant le retour de l’ASN sur son design. «On s’est accordé avec l’ASN sur des sujets prioritaires et les questions sur lesquelles on aimerait avoir un avis rapidement fin de pouvoir déposer la demande d’autorisation de création avant fin 2026», explique Julien Dereux.

L’instruction de l’ASN prendra trois ans, Calogena envisage le début de la construction d’un premier de série, ou démonstrateur, en 2029, probablement sur un site nucléaire existant en France, avec une mise en service en 2032. Un planning moins ambitieux que ces projets concurrents, comme celui de Jimmy, qui veut fournir de la chaleur industrielle, mais plus honnête. «Le nucléaire a eu tendance à ne pas tenir ses promesses», observe le DG de Calogena.

La chaleur nucléaire n’étant pas encore prévue dans la feuille de route énergie (PPE3) de la France, Calogena pourrait installer ses premiers modules en Finlande, où plusieurs villes, dont Helsinki. Le fournisseur Helen va d'ailleurs y lancer un appel d’offres pour un SMR capable de décarboner les réseaux de chaleur. «Nous allons ouvrir un bureau en Finlande et déposé un dossier d’option de sûreté auprès de l’autorité de sûreté nationale», précise Julien Dereux.

Equiper 25% des réseaux de chaleur en Europe

La start-up espère prendre 25% du marché des réseaux de chaleur européen en 2050, soit un potentiel de 1800 modules Cal-30. Après avoir décroché un financement public de 5,2 millions d‘euros de France 2030, Calogena va candidater à la phase 2 de l’appel à projets petits réacteurs innovants. Son projet CityHeat, monté en partenariat avec le finlandais Steady Energy, a aussi été sélectionné par l’Alliance industrielle européenne pour les SMR comme l’un des projets à soutenir, avec celui d’EDF Nuward ou celui de l’américain Nuscale ou de l’Italo-Français Newcleo. En terme industriel, Calogena développe une supply chain exclusivement européenne. Outre Framatome pour le combustible et Orano pour le transport et le traitement du combustible usé, c’est l’italien Nine Engineering qui va fournir les parties neutroniques et thermo-hydrauliques, et une société tchèque la partie interne des cuves.

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