Les batteries ? De la chimie. L’hydrogène ? De la chimie aussi. La relocalisation de la chimie fine pour produire des médicaments en France, le recyclage des plastiques, la chimie biosourcée ? Encore et toujours de la chimie, très bien représentée parmi les gagnants des plans France Relance ou France 2030. «Nos adhérents sont positionnés sur des marchés en croissance, de nouveaux marchés portés par les transitions énergétique, écologique, numérique, analyse Magali Smets, directrice générale de France Chimie, l’organisation professionnelle qui couvre l’ensemble du secteur. Depuis 15 ans, notre industrie est en croissance de 1,4% par an en volume.» Et, depuis trois ans, elle crée des emplois nets.
En 2020, 220 000 salariés (en CDI à 95%) travaillent dans les 3300 entreprises de la chimie en France, contre 214 000 en 2017. Alors que leurs besoins vont croissant, elles vont être confrontées à des départs massifs à la retraite (20% des effectifs partiront dans les cinq prochaines années). Elles vont donc devoir recruter massivement : France Chimie prévoit 120 000 recrutements dans les cinq ans qui viennent, soit 24 000 par an, contre une moyenne de 20 000 ces dernières années.
Pas que des chimistes
Actuellement, deux tiers des emplois de la chimie sont des emplois de techniciens, agents de maîtrise, cadres. Tous les niveaux de diplôme sont donc recherchés (chercheurs, ingénieurs, techniciens…). Mais les métiers d’ouvriers de la production (conducteurs de ligne, responsables de production…), qui pèsent 30 % du total et sont déjà en tension, formeront le gros des troupes recrutées. Plus largement, tous les métiers liés à la décarbonation sont recherchés, aussi bien du côté des produits (produits biosourcés, recyclés…) que des procédés (électrification, capture et séquestration du pétrole…).

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2 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Les biologistes, notamment, font une arrivée remarquée dans le secteur. «La frontière entre chimie et biotechnologies s’estompe, on recherche plus de doubles compétences», détaille Magali Smets. La chimie, comme toute l’industrie, recherche des compétences numériques (data scientists, spécialistes de cybersécurité…) liées à la numérisation de ses usines.
Séduire les jeunes et doper l'alternance
Reste à attirer les jeunes vers les métiers de la chimie. Plusieurs opérations séduction leur sont dédiées, valorisant notamment l’apport de la chimie à la transition écologique et énergétique, un facteur d’attractivité pour les nouvelles générations. Autre moyen de les conquérir : les embarquer dans le métier dès leur formation, en développant l’alternance. La branche a signé fin juin avec deux syndicats représentatifs (CFDT et CFE-CGC) un accord pour que le nombre d’alternants accueillis dans la chimie augmente de 30% d’ici 2025. Ils passeraient de 6000 à 7800 chaque année.
L’accord prévoit 200 euros de plus par mois que ce que prévoit la loi pour les alternants de 18 à 20 ans, des aides au logement, et un abondement de 300 euros de la branche au compte personnel de formation (CPF), pour que le jeune alternant puisse passer son permis de conduire. «Nos sites sont rarement en milieu urbain, et pas forcément desservis par les transports en commun», explique Magali Smets. Les alternants sont actuellement à 48% des étudiants de niveau master 2 ou ingénieurs. «L’objectif de la branche est de développer l’alternance quel que soit le métier, mais en accordant une attention particulière aux métiers de production», poursuit la directrice de France Chimie.
L'attractivité d'un métier passe aussi par ses conditions de travail, sa rémunération. Les négociations annuelles obligatoires de la branche démarrent en novembre.



