Après avoir échoué à négocier «en solo» avec Donald Trump, comme l’a révélé le Canard Enchaîné et contre l’avis d’Emmanuel Macron, Bernard Arnault s’est attaqué à l’Union européenne.
Elle «n’est pas dirigée par un pouvoir politique, mais par un pouvoir bureaucratique qui passe son temps à éditer des réglementations qui s’imposent malheureusement à tous les états membres, et qui d’ailleurs quelques fois comme la France, en rajoutent au passage», critique-t-il lors de l’assemblée générale de LVMH le 17 avril. Au cours de celle-ci, les actionnaires ont par ailleurs voté en faveur du passage des limites d’âge du président du conseil d’administration et du directeur général (donc de Bernard Arnault) à 85 ans.
Menace de délocalisation aux États-Unis
Selon le milliardaire, la situation géopolitique bouleversée par les droits de douane «a perturbé les résultats du mois de mars, alors que les premiers mois de l’année étaient positifs». Bernard Arnault cherchait à rassurer les actionnaires et justifier le chiffre d’affaires du premier trimestre 2025, en recul de 2%. «Concernant les barrières douanières, nous manquons encore de visibilité, mais nous espérons que cela va permettre des négociations avec une issue positive», ajoute-t-il.
Le dirigeant a ainsi appelé à régler «à l’amiable» les relations commerciales tendues entre les deux côtes de l’Atlantique, et s’est dit favorable à une zone de libre-échange entre les deux, faisant écho à une déclaration d'Elon Musk le 5 avril, qui espère aussi la création d'une telle zone. Un enjeu de taille pour le groupe LVMH, dont 25% des ventes sont faites aux États-Unis. «Si on se retrouve avec des droits de douane élevés, […] on sera amenés à augmenter notre production américaine, forcément […], si l’Europe n’arrive pas à négocier intelligemment, ils auront cette conséquence dans beaucoup d’entreprises», a-t-il prévenu, ignorant l’appel à la solidarité collective du président français.



