Guillaume Faury, PDG d'Airbus, Thierry Le Henaff, PDG du chimiste Arkema, Pierre Barnabé, patron de la pépite de l'électronique Soitec, les dirigeants des fédérations de la cosmétique, des vins et spiritueux... Les chefs de file des comités stratégiques de filières français les plus affectés par les taxes américaines étaient conviés à l'Elysée ce 3 avril pour évoquer la réponse française et européenne, à l'invitation d'Emmanuel Macron. Objectif, pour le chef de l'Etat, entouré du Premier ministre et des ministres de l'Economie et de l'Industrie : recueillir les attentes des industriels pour élaborer une riposte française et européenne.
En réponse à des décisions qu'il juge «brutales et infondées", des mesures «qui ne sont pas soutenables pour l'économie américaine elle-même», Emmanuel Macron demande aux industriels français de rester «réactifs, unis et organisés». Et de ne pas investir, dans l'immédiat, aux Etats-Unis. «Je sais ce qui va se passer : les plus gros vont avoir tendance à jouer solo. Si la réponse aux tarifs consiste à faire des concessions immédiates ou d'annoncer des investissements pour négocier des exemptions, c'est une très mauvaise idée. Les investissements annoncés ces dernières semaines et à venir doivent être un temps suspendus tant qu'on n'a pas clarifié les choses avec les Etats-Unis. Quel serait le message si de grands acteurs européens se mettaient à investir des milliards dans l'économie américaine au moment où nous sommes attaqués ? Il faut de la solidarité collective».
Plusieurs grands groupes peuvent se sentir visés, comme CMA-CGM, dont le patron Rodolphe Saadé a annoncé 20 milliards de dollars d'investissements aux Etats-Unis dans le bureau ovale le 6 mars, ou Schneider Electric, qui veut injecter 700 millions de dollars dans l'économie américaine. Fin janvier, Bernard Arnault, le patron de LVMH, agitait le spectre d'une délocalisation aux Etats-Unis.
Pour le président de la République, la réponse doit être européenne et chaque filière doit porter un message unifié au niveau du continent. «Nous avons une force, un marché de 450 millions d'Européens. Si nous jouons groupés et que toutes les filières jouent de manière cohérente, nous arriverons à notre objectif : la fin des tarifs».

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Riposte en deux temps
En attendant, le président annonce une riposte en deux temps : une première mi-avril sur les taxes déjà décidées sur l'acier et l'aluminium ; une deuxième plus massive, fin avril, «après une étude précise secteur par secteur et un travail avec l'ensemble des Etats membres et des filières économiques». «Rien n'est exclu : tous les instruments sont sur la table. Des réponses tarifaires, l'activation de mécanismes comme le dispositif anti-coercition, la possibilité d'avoir des réponses sur les services numériques ou le financement de l'économie américaine... Il faut faire ce qui est le plus efficace, mais qui montre que nous sommes décidés à ne pas laisser faire».
Chaque filière industrielle est invitée à faire remonter ses recommandations au niveau européen pour une réponse «unifiée et proportionnée». Il faudra aussi analyser les conséquences indirectes des annonces européennes sur chacune des filières. «Sur beaucoup de secteurs, on va être confrontés à des surcapacités sud-asiatiques, qui, voyant le marché américain se fermer, vont rediriger leurs flux vers l'Europe. Il faut s'y préparer», alerte le chef de l'Etat.
Un conseil des Affaires étrangères au niveau européen est programmé le lundi 7 avril et permettra aux Etats-membres de confronter leurs positions, aussi bien vis à vis des Etats-Unis que de la Chine. D'ici là Bercy va travailler pour chiffrer précisément l’impact pour chaque filière industrielle des taxes douanières annoncés par Donald Trump.



