Bernard Arnault garde les yeux rivés sur les États-Unis. Il faut dire que le pays compte pour un quart des ventes de LVMH, mais le spectre de la guerre commerciale — inconstante, mais toujours présente— voulue par Donald Trump demeure très menaçant.
De quoi pousser le PDG du mastodonte du luxe à annoncer de nouveaux investissements outre-Atlantique. «Étant donné le développement de la maison (Louis Vuitton, ndlr) aux États-Unis, nous en avons ouvert un nouveau il y a cinq ans, et nous prévoyons d’en ouvrir un autre pour répondre à la demande, toujours au Texas», a-t-il déclaré dans les colonnes du Figaro. Dans une autre interview donnée au Wall Street Journal le même jour, il précise que cette ouverture aurait lieu d'ici à début 2027, au nord de Dallas, dans le Texas.
Une annonce réelle ou un coup de pression dirigé vers les négociateurs de Bruxelles ? Pour l’instant, difficile de le dire, mais il est clair que le dirigeant souhaite limiter le plus possible les effets de la guerre commerciale. «Il est indispensable de trouver un accord à l’amiable avec les États-Unis, tel que celui que vient de trouver le Japon (des droits de 15% sur les importations japonaises, ndlr). Même si cela peut paraître facialement déséquilibré, ce sera préférable au bras de fer», a-t-il ajouté.
Des résultats en baisse
De plus, l’ouverture d’un nouvel atelier a de quoi interroger : en avril 2025, une enquête de Reuters rapportait que le ranch Rochambeau, à Alvarado au Texas, était l’un des sites de fabrication les moins performants du malletier, notamment à cause du manque de main d’œuvre qualifiée. «La montée en puissance de ces ateliers est moins rapide, car nous formons la main-d’œuvre locale avec l’aide d’artisans français et cela prend du temps», reconnaît Bernard Arnault.
Pour l’instant, la menace des droits de douane n’a toutefois pas d’effets sur les ventes de LVMH aux États-Unis, qui demeurent stables avec une baisse de seulement 1% de janvier à juin 2025 par rapport au premier semestre 2024. Les ventes globales, diminuent quant à elle de 4%, souffrant du retour à la normale des dépenses touristiques au Japon et de la consommation toujours réduite en Chine. Les bénéfices du groupe en pâtissent particulièrement, avec une chute de 22%.



