Syensqo n’a décidément pas fini de peser dans l’industrie automobile électrique. Au cours des trois premiers mois de 2025, le chimiste de spécialité belge assure avoir signé pour plus de 150 millions d’euros de contrats pluriannuels pour la fourniture de son polyfluorure de vinylidène (PVDF), commercialisé sous la marque Solef. Ce fluoropolymère thermoplastique joue un rôle crucial dans les batteries lithium-ion des véhicules électriques, puisqu’il est utilisé comme liant et revêtement séparateur au sein des batteries.
Syensqo ne manque pas d’éloges pour qualifier son plastique « signature », soutenant qu’il « présente un haut degré de pureté, de solides propriétés mécaniques, une stabilité électrochimique et une grande résistance chimique à haute température ». Afin de pouvoir honorer les différents contrats, les capacités de l’usine de Tavaux (Jura) – l’un des six sites de production opérés par le Belge en France – seront progressivement étendues d’ici à la fin 2025.
Contenter le marché américain
Et le groupe belge accélère aussi sa production de PVDF hors des frontières européennes. En mai 2024, le chimiste de spécialité avait démarré la construction d’une usine de fluorure de polyvinylidène (PVDF) de qualité batterie à Augusta, en Géorgie (États-Unis). À pleine capacité, le site devrait fournir suffisamment de PVDF pour fabriquer plus de 5 millions de batteries par an, soit 45 % de la demande américaine en PVDF escomptée d’ici à 2030. « Une fois terminé, il deviendra la plus grande installation de production de PVDF d’Amérique du Nord », annonçait le groupe dans un communiqué.
À l’occasion de la publication de ses résultats de 2024 en février, Syensqo n’avait pas caché son ambition « d’investissements futurs » en Amérique du Nord. Outre le PVDF, son usine d’Augusta produit déjà à grande échelle d’autres polymères de spécialité comme le polyphtalamide (PPA) ou le polyétheréthercétone (PEEK), et le groupe belge a récemment validé un investissement en capital pour étendre sa production de polysulfure de phénylène (PPS) sur le site. L’immensité du marché combinée à une réglementation plus favorable qu’en Europe, un faible prix de l’énergie ou des aides à l’investissement promises par l’administration… le chimiste belge avait annoncé que l’Amérique représente désormais plus de 40 % de son chiffre d’affaires et de ses effectifs, ainsi que plus de la moitié de son empreinte industrielle.



