Mettre l'accent sur les matériaux destinés aux applications d'électrification, d'allègement et de connectivité. Au sein des conciliabules de la division Composite Materials du belge Syensqo, la ligne de conduite est limpide, notamment en ce qui concerne les États-Unis. En mai, le chimiste de spécialité annonce un investissement en capital en vue d’étendre sa capacité de compoundage de polysulfure de phénylène (PPS) sur son site d'Augusta (Géorgie). Ce thermoplastique semi-cristallin est bien connu des industriels pour ses qualités de résistance thermique et mécanique, utilisé notamment dans l’industrie automobile, énergétique ou encore dans la construction. « Cet investissement témoigne de notre engagement à fournir des matériaux fiables et de haute qualité à nos clients. En contrôlant davantage nos capacités locales, nous sommes mieux armés pour répondre aux exigences du marché nord-américain et évoluer dans des environnements commerciaux complexes », se félicite Brian Baleno, directeur du développement commercial mondial du groupe.
S’exporter en Amérique du Nord
L'usine d'Augusta – produisant déjà à grande échelle du polyphtalamide (PPA) ou du polyétheréthercétone (PEEK) – est désormais équipée pour fournir des quantités supplémentaires de PPS, commercialisé sous la marque Ryton, renforçant ainsi la chaîne d'approvisionnement nord-américaine. En mai 2024, Syensqo avait aussi démarré une usine de polyfluorure de vinylidène (PVDF) de qualité batterie sur son site d’Augusta, pour produire ce fluoropolymère thermoplastique utilisé comme liant et revêtement séparateur dans les batteries lithium-ion à destination des véhicules électriques.
À l’occasion de la publication de ses résultats de 2024 en février, Syensqo n’avait pas caché son ambition « d’investissements futurs » en Amérique du Nord. L’immensité du marché combiné à une réglementation plus favorable qu’en Europe, un faible prix de l’énergie ou des aides à l’investissement promises par l’administration… le chimiste belge avait annoncé que l’Amérique représente désormais plus de 40 % de son chiffre d’affaires et de ses effectifs, ainsi que plus de la moitié de son empreinte industrielle.



