Avec la construction (ou l'agrandissement) de plusieurs usines de fabrication de puces en Europe, le groupe allemand BASF anticipe les futurs besoins « en produits chimiques semi-conducteurs de haute qualité et de haute pureté, comme l'acide sulfurique », en se dotant d’une nouvelle unité de production. Avec un démarrage prévu d’ici à 2027 – concomitamment à l'augmentation des capacités de ses principaux clients –, le chimiste précise que l’investissement se chiffre « à plusieurs dizaines de millions d'euros ».
Située au cœur de son immense site de production chimique intégré à Ludwigshafen, cette usine de pointe garantira aux clients du groupe allemand un approvisionnement de qualité, fiable et local. « Nous sommes fiers d'avoir gagné la confiance d'acteurs clés du secteur des semi-conducteurs et de les accompagner comme partenaire privilégié pour la mise en place de la future chaîne d'approvisionnement des matériaux semi-conducteurs avancés en Europe », se félicite Anup Kothari, membre du conseil d'administration de BASF.
Miser sur l’échelle locale…
Face à un contexte macroéconomique incertain, notamment en raison de la politique douanière de Donald Trump, BASF mise sur son fort ancrage local dans l’espoir de se maintenir à flot. « Nous produisons localement pour les marchés locaux. En cette période difficile, cela nous rend plus résilients que d'autres et constitue un avantage concurrentiel », rappelle Dirk Elvermann, directeur financier de BASF, lors de la présentation des résultats du premier trimestre 2025. Sur cette période, le chiffre d'affaires du groupe allemand s'est élevé à 17,4 milliards d'euros, soit 151 millions d'euros de moins que le même trimestre de l'année précédente (17,6 milliards d'euros).
… et ainsi réduire la dépendance
Et les semi-conducteurs restent un marché en pleine explosion. Informatique et stockage de données, communication sans fil, électronique industrielle ou encore intelligence artificielle, les besoins vont croissants et l’Europe reste à l'heure actuelle largement dépendante des importations, notamment en provenance des grands acteurs d’Asie de l’Est (Japon, Chine, Taïwan et Corée du Sud). Taïwan est, selon le rapport de la Direction générale des entreprises paru le 8 janvier 2025, le principal fournisseur des pays de l’UE, avec près de 21 % des importations extra-européennes de semi-conducteurs en 2023.



