Avec plus de cent tirs prévus en 2023, SpaceX écrase la concurrence sur le marché des lancements

SpaceX a déjà réalisé 42 tirs depuis le début de l’année 2022 et lance en moyenne une fusée tous les 5 jours. Une cadence folle que ses concurrents sont loin de pouvoir suivre.

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SpaceX a gagné son pari de la réutilisabilité. Certains étages sont récupérés et réutilisés une dizaine de fois !

Franchir la barre des 100 lancements en 2023 ! SpaceX est prêt à exploser tous les compteurs. L’objectif a été rappelé par son vice-président en charge des ventes Tom Ochinero. Le dirigeant de SpaceX s’exprimait au deuxième jour de la conférence spatiale WSBW (World satellite businees week, ndlr) qui est organisée à Paris par Euroconsult du 12 au 15 septembre. «Nous lançons en moyenne tous les cinq jours. Nous avons réalisé 42 lancements depuis le début de l’année», a-t-il encore précisé. A ce rythme, la société dirigée par Elon Musk devrait avoir réalisé plus de 60 tirs d’ici la fin de l’année soit près du double de 2021 avec 31 lancements.

SpaceX multiplie les lancements pour déployer sa constellation de mini satellites Starlink, pour amener des astronautes à la station spatiale internationale, pour le compte du Pentagone et de la NASA mais également pour des opérateurs de télécommunications. Selon Space X, son pari de la réutilisation de ses lanceurs est gagné. Certains étages sont réutilisés 12, 13 et même 14 fois !

Des concurrents mal en point

Avec ces cadences, SpaceX écrase la concurrence. D’autant plus que la plupart de ses concurrents ont connu des coups durs cette année. A commencer par le principal d’entre eux, Arianespace. Selon son PDG, Stéphane Israël, Arianespace a réalisé 11 lancements sur les 12 derniers mois. La société a été frappée de plein fouet par l’arrêt de la commercialisation des fusées Soyouz, conséquence directe de la guerre en Ukraine. La Russie a en effet stoppé l’activité des Soyouz sur le centre spatial guyanais et cessé de livrer des lanceurs dans le cadre du contrat Oneweb opéré par Arianespace. «Cela montre que notre stratégie de développer Ariane 6 et VegaC pour apporter à l’Europe une autonomie complète d’accès à l’espace était la bonne. Dans tous les cas, il était prévu d’arrêter l’activité des Soyouz depuis la Guyane à la fin de l’année 2023», a précisé Stéphane Israël. Privé de Soyouz pour compléter sa constellation en orbite, l'opérateur Oneweb s'est retourné en urgence vers un lanceur indien et vers...la fusée Falcon9 de SpaceX !

Arianespace pâtit également du retard du lanceur Ariane 6 dont le premier lancement prévu à l’origine fin 2020, a été reporté en 2023. Après le contrat record de 18 lancements engrangés auprès de la constellation Kuiper, Arianespace espère tout de même augmenter ses cadences de tirs dans l’avenir. D’autant plus que les ministres européens en charge du spatial, qui se réuniront en conférence en novembre prochain, pourraient décider de lancer une version plus puissante d’Ariane 6. Avec un moteur Vinci dopé, la fusée serait 25% plus performante pour mettre des satellites en orbite basse, et 10% plus performante pour des satellites en orbite géostationnaire. Au final, si le marché des services de lancement reste porteur et s’il y a un « business case » pertinent, Arianespace pourrait viser des cadences de 15 tirs par an.

un boulevard pour SpaceX

L’autre concurrent le plus actif pour SpaceX est son compatriote ULA (United Launch Alliance, ndlr), une société commune réunissant Boeing et Lockheed Martin. Si son activité est restée modeste cette année avec 5 lancements réalisés, son vice-président Mark Peller en charge des développements majeurs, promet une nette accélération des cadences suite à des investissements significatifs dans sa chaine d’approvisionnement et ses usines. «Nous visons une cadence de 20 à 25 tirs par an d’ici le milieu de la décennie ».

Quand à Blue Origin, son démarrage reste poussif. La société détenue par le milliardaire Jeff Bezos peine toujours à mettre au point sa fusée New Glenn qui promet de révolutionner le marché grâce à ses performances inédites. Cette fusée aurait la capacité de mettre 13 tonnes de charge utile en orbite géostationnaire et son premier étage pourrait être réutilisé jusqu’à 25 fois. Son premier vol, prévu à l’origine en 2020, a toutefois été repoussé en 2023.

Avec une concurrence dans un piètre état, la société SpaceX a décidément un boulevard devant elle. 

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