C’est une avancée de taille pour Automotive Cells Company (ACC). Vendredi 24 septembre, la coentreprise entre TotalEnergies et Stellantis a annoncé avoir conclu des accords pour accueillir dans son capital la marque Mercedes-Benz, propriété du groupe automobile allemand Daimler. Avec la promesse de nouveaux financements, ce rapprochement permet au projet de renforcer ses ambitions dans la production de batteries pour le secteur automobile.
ACC visait auparavant une capacité minimale de 48 GWh à l’horizon 2030 avec deux projets d’usine, l’une située à Douvrin (Pas-de-Calais) et l’autre à Kaiserslautern en Allemagne. L’arrivée de Mercedes-Benz fait exploser ces objectifs. Les partenaires veulent désormais porter leur force de frappe à au moins 120 GWh d’ici à 2030.
« Nous pourrions imaginer le lancement d’un troisième site de production, dévoile Matthieu Hubert, secrétaire général d’ACC, à L’Usine Nouvelle. Nous pouvons aussi imaginer, l’un n’empêchant pas l’autre, optimiser la capacité installée de chacun des sites déjà annoncés. Toutes les solutions sont à l’étude. » Matthieu Hubert précise qu’une éventuelle troisième gigafactory ne serait pas forcément située en Allemagne.
Des investissements en 2022

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Dans la nouvelle structure d’ACC, Mercedes-Benz, TotalEnergies et Stellantis détiendront chacun un tiers du capital. Dès 2022, Mercedes-Benz prévoit d’investir plusieurs centaines de millions d’euros dans le projet. « Au total, les investissements devraient rester inférieurs à un milliard d'euros », ajoute la marque dans un communiqué. Un montant à comparer aux plus de 7 milliards d’euros que vont nécessiter les ambitieux chantiers d’ACC.
En juillet, Mercedes-Benz a annoncé qu'il passerait au tout électrique en 2030, là où les conditions de marché le permettent. « Ce partenariat nous permet de sécuriser l'approvisionnement, de profiter d'économies d'échelle et de fournir à nos clients une technologie de batterie supérieure, a argumenté Ola Källenius, président du directoire de Daimler, lors d’une conférence téléphonique. Nous aiderons l'Europe à rester au cœur de l'industrie automobile, même à l'ère de l'électricité. »
« Une marque de confiance »
Outre les apports financiers, Mercedes-Benz prévoit de renforcer ACC avec son expertise en recherche et développement. « C’est un exemple sur les segments haut de gamme, salue Matthieu Hubert. C’est une grande marque de confiance. » Avec Mercedes-Benz dans ses alliés, ACC espère relever plus facilement le défi de l’approvisionnement.
« Quand il s’agira d’aller négocier l’achat de fournitures et de matières premières, la puissance de frappe ne sera pas la même », souligne le secrétaire général d’ACC. Le syndicat CFE-CGC de Stellantis a d’ailleurs salué cette alliance. « Pour les salariés de la filière, qui chôment actuellement massivement en raison de la pénurie de composants électroniques asiatiques, c’est une nouvelle porteuse d’espoir », commente l’organisation syndicale dans un communiqué.
La porte reste ouverte pour Renault
Ce rapprochement va-t-il inciter Renault à enfin rejoindre le projet d’ACC, conformément aux demandes formulées (de longue date) par l’exécutif français ? « Les contacts entre les actionnaires et Renault ne sont toujours pas rompus, insiste Matthieu Hubert. Les conditions d’entrée au capital sont connues maintenant et les actionnaires sont prêts à étudier toutes les demandes avec bienveillance. »
Mais la perspective d’un travail conjoint entre Renault et Stellantis au sein d’ACC semble de plus en plus compromise. En juin, le groupe au Losange a fait le choix de s’allier au groupe chinois Envision à Douai (Nord) dans le cadre de son pôle de production de véhicules électriques, ElectriCity. En attendant la décision de Renault, l’arrivée de Mercedes-Benz signe un vrai saut pour ACC dans la course aux batteries électriques, sur laquelle se bousculent acteurs européens, asiatiques, groupes historiques et nouveaux entrants.



