Au CES de Las Vegas, de l'IA et un bras robotisé pour une laverie plus écologique

À l'occasion du CES de Las Vegas, qui s'est ouvert le 7 janvier, L’Usine Nouvelle s'intéresse aux innovations tricolores exposées sur ce salon mondial de la tech. Aujourd’hui, zoom sur le système de laverie NoLa, qui entend recycler les eaux usées, diminuer trois fois le temps de lavage et, grâce à l’IA, réaliser automatiquement les cycles adaptés. Sa créatrice, la start-up montpelliéraine Washin, cherche un partenaire pour industrialiser sa solution.

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Machine WASHIN
Le prototype de la machine NoLa de WASHIN.

Une laverie capable de recycler l’eau qu’elle consomme et dont les cycles de lavage, d'une durée de 15 minutes, sont optimisés grâce à une IA embarquée. C’est la promesse ambitieuse de NoLa, inventée par Washin. La start-up montpelliéraine présente un prototype de son innovation au CES 2025, organisé du 7 au 11 janvier à Las Vegas (Etats-Unis).

Une «conciergerie robotisée»

Imaginez un carré bleu de près de trois mères carrés. Sur une des faces, l'on indique à quelle heure lancer et récupérer sa machine, NoLa priorisant en fonction de cela les ordres de lavage. Un bras robotisé vient ensuite collecter le linge et le déposer dans l’un des sept tambours disponibles à l’intérieur de la machine. Avant qu’une intelligence artificielle embarquée ne détermine le cycle de lavage approprié en fonction de la saleté du linge. Une véritable «conciergerie robotisée» selon son fondateur Dimitri Belin. Pour l’heure, l'étudiant en master Intelligence artificielle à l’École des Mines dit utiliser des solutions open source ou encore ChatGPT.

Crée en 2018, Washin s’est jusqu’à présent consacré à l’installation et à la gestion de parcs de machines à laver destinés aux collectivités (résidences étudiantes, campings, parkings d’hypermarchés). Forte d’un chiffre d’affaires annuel de quatre millions d’euros et de 2000 appareils installés dans 700 laveries, l’entreprise souhaite poursuivre son développement en se positionnant sur une machine plus durable et innovante. «L’idée de NoLa, née il y a trois ans, est le fruit d’échanges avec nos clients, fournisseurs et partenaires, qui nous ont fait remonter 37 points d’amélioration possibles en lien avec la consommation d’eau et d’électricité», précise Dimitri Belin.

Un système de filtration en trois étapes

Pour traiter l’eau de sa machine et la recycler, NoLa s'est appuyé sur DTsolutions pour mettre en place un système de filtration en circuit fermé en trois étapes dans une cuve située en bas de la machine. La première étape consiste à réduire de 90% la quantité de lessive grâce à l’utilisation d’eau ozonée dégazée. «Nous avons ensuite recours à un écumeur qui permet de retirer la grande majorité des saletés et de la lessive. Les 5% restants sont rejetés dans les égouts», précise le fondateur de Washin, qui ajoute que l'innovation, qui combine filtration, décantation, écumage et ozone, réduit le risque d’encrassement des filtres.

Une solution qui permet également, selon Dimitri Belin, de réaliser des cycles de lavage moins longs. «L’eau et l’ozone assurent un lavage de meilleure qualité. L’ajout d’une pompe inversée faisant circuler les flux à contrecourant rend par ailleurs possible un lavage deux à trois fois plus rapide.» Des chiffres tout de même considérés comme très optimistes par la start-up TreeWater, qui travaille à un système de traitement des eaux usées pour les blanchisseries industrielles. Cette société basée à Lyon fait partie du programme LIFE de la Commission européenne, qui finance les initiatives dans les domaines de l’environnement et du climat. «Même avec une station d’épuration, nous sommes à des taux de recyclage de seulement 85 à 90%», assure son responsable commercial Jocelyn Taravel.

Vers une meilleure réutilisation des eaux grises

Une chose est sûre, chaque machine à laver consommant en moyenne 60 litres d’eau par lavage, l’enjeu est de taille et les solutions de traitement de l’eau sont aujourd’hui peu nombreuses. La France, qui recycle moins de 1% de ses eaux usées, compte parmi les très mauvais élèves. À l’échelle de l’Europe, pas moins de 42 millions de mètres cubes d’eau seraient utilisés chaque année dans le secteur de la blanchisserie, selon le site Pop'Sciences de l’université de Lyon.

Jusqu’à très récemment, l’utilisation des eaux grises traitées, qui consiste à récupérer et à collecter les eaux provenant des douches, des baignoires, des lavabos, lave-linge, et éventuellement de la cuisine, puis à les utiliser après traitement, n’est pas autorisée en France pour des usages domestiques. Mais un décret datant de juillet, qui doit encore être précisé, ouvre depuis septembre la voie à une telle réutilisation. Une intention confirmée par le plan «eau» de mars 2023, qui prévoit le recours aux eaux utilisées avec un objectif de 1000 projets d’ici à 2027. Washin cible donc des marchés où la législation sur la réutilisation des eaux usées est moins contraignante, en particulier les pays en voie de développement.

Prochaine étape pour la start-up : réaliser une présérie d’une dizaine de machines pour le dernier trimestre 2025, assemblées en France et testées auprès d’une dizaine de clients. L’enjeu de sa présence au CES : trouver un partenaire capable d’industrialiser la solution.

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