En se promenant dans les allées du salon du Made in France (MIF), du 8 au 11 novembre à Paris Porte de Versailles, on se rend vite compte que les secteurs de prédilection du "Fabriqué en France" sont la gastronomie, la mode et la décoration. Il est en revanche beaucoup plus difficile de trouver des fabricants d’électroménager.
Daan Tech, fleuron de l’électroménager réparable
Mais pas impossible. Daan Tech, par exemple, avec son célèbre lave-vaisselle compact Bob, est un habitué de ce rendez-vous. Avec un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros en 2023 et une cinquantaine de salariés, l'entreprise a bien progressé depuis ses débuts en 2016. Et elle ne compte pas s’arrêter là. Après la commercialisation d’un appareil de cuisson, Joe, aussi réparable, la start-up a lancé un kit «évolution» pour son lave-vaisselle. «Nous ne pouvions pas aller plus loin en termes de logiciel, il nous a fallu mettre à jour le hardware, explique Mélania Ricard, responsable communication et évènementiel chez Daan Tech. Pour les clients qui nous ont soutenus dès le début, nous proposons un kit qu’ils peuvent installer eux-mêmes.»
Nobsolete veut réinventer le petit électroménager
Les autres start-up rencontrées au salon du MIF ne sont pas aussi avancées. Nobsolete est l’une d’entre elles. Elle a été lancée par deux designers formés à l’école de design Strate, Mano Silberzahn et Nathan Hubert, après avoir reçu le James Dyson Award en 2022 pour leur produit modulable, qui peut servir de mixeur, fouet, ou presse-purée, entre autres. Le produit est en outre facilement réparable avec une ouverture actionnable à l’aide d’un tournevis située sur le haut du dispositif, qui permet de changer facilement des pièces.
L’appareil est également équipé d’un système de détection de panne. «Nous avons démonté 150 mixeurs différents pour voir d’où provenaient les pannes en général, explique Mano Silberzahn. Il y a souvent des problèmes de surchauffe, donc j’ai conçu une carte électronique qui permet une meilleure dispersion thermique». Pour l’instant, la jeune pousse a lancé un financement participatif sur Ulule en octobre, qui a déjà dépassé son objectif de 100 préventes, pour une production prévue en mai 2025 avec un partenaire. «On prévoit d’avoir assez rapidement une gamme complète, car l’électroménager au produit unique, ça ne marche pas très bien», explique Fabrice Delfortry, qui accompagne les deux designers.
Deglace lance un aspirateur réparable
Une autre start-up a aussi démarré par un lancement monoproduit : il s’agit de Deglace, fondée en 2021 par Geoffroy Hulot, designer industriel et Matthieu de Wolf, ingénieur. Après trois ans de développement, la paire d’entrepreneurs a lancé son aspirateur, baptisé Fraction, également conçu pour être réparable. La batterie de l’appareil peut être retirée simplement en appuyant dessus. La start-up a récemment levé un millions d’euros pour financer la R&D sur l’intelligence embarquée de l’aspirateur. «Grâce à une application, l’appareil peut identifier s’il y a une panne, et sa cause, indique Geoffroy Hulot. S’il y a un défaut de batterie, par exemple, vous pouvez facilement en commander une nouvelle.» Les fondateurs prévoient pour l’instant de faire l’assemblage en France, afin de favoriser le circuit court.
Une première pré-série de 10 à 15 appareils devrait arriver en avril. «Nous sommes pour l’instant encore en discussion avec des partenaires industriels», glisse Geoffroy Hulot. Mais cela n’empêche le designer de rêver. «Nous aimerions lancer une gamme de petit électroménager, et à plus long terme, on réfléchit à se lancer dans la mobilité, comme les trottinettes électriques, qui sont pour l’instant des produits jetables», explique le contributeur à l’élaboration de la loi sur la réparabilité de 2021.
Si pour l’instant, Nobsolete et Deglace travaillent avec des partenaires industriels et ne disposent pas de site de production, Daan Tech possède sa propre usine à Cugand (Vendée) et prévoit d'en construire une nouvelle à Montaigu-Vendée, qui devrait être opérationnelle fin 2025 début 2026.



