AMS finalise le rachat d’Osram mais le plus dur reste à faire

Le spécialiste autrichien des capteurs à semi-conducteurs AMS a finalisé l’acquisition d’Osram, ouvrant la voie à la création d’un leader mondial des capteurs et composants photoniques. Mais le plus dur reste à en réussir l’intégration.

 

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Osram Opto Semiconductors usine de Kilim, Malaisie
Usine de LED d'Osram à Kulim, en Malaisie

Pari réussi pour AMS. Le spécialiste autrichien des capteurs à semi-conducteurs a finalisé, le 9 juillet, l’acquisition d’Osram, ancienne filiale de Siemens spécialisée dans l’éclairage automobile, les LED et autres composants optoélectroniques. Les deux entreprises restent séparées à ce stade. Mais la voie est ouverte à la création d’un groupe de 27 000 personnes et un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, leader mondial des micro capteurs et composants photoniques.

Deux objectifs stratégiques

" Nous sommes fiers d’avoir clôturé avec succès l’acquisition d'Osram comme prévu, se félicite dans le communiqué Alexander Everke, PDG d’AMS. Aujourd'hui est une étape cruciale sur notre chemin pour combiner les deux entreprises dans un leader mondial des solutions de capteurs et de photonique. Ensemble, nous pourrons offrir de nouveaux produits et solutions passionnants stimulant l'innovation dans les technologies optiques. "

Cette acquisition conforte la position d’AMS dans les solutions de détection 3D dont le marché devrait grimper de 2,9 milliards de dollars en 2018 à 9 milliards de dollars en 2022 selon le cabinet Yole Développement. Elle répond à deux objectifs stratégiques. Le premier est de réduire la dépendance vis-à-vis du client Apple. Le géant californien des mobiles représente environ 40 % du chiffre d’affaires d’AMS. Son poids tombe aux alentours de 20 % dans le nouvel ensemble AMS-Osram. Le deuxième objectif est de diversifier les applications au-delà des mobiles qui rapportent 75 % des revenus d’AMS. Dans l’ensemble AMS-Osram, le poids de ce marché très volatile baisse à 35 %, tandis que celui de l’automobile monte à 45 % et celui du médical et de l’industrie à 20 %.

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Synergies de plus de 300 millions d'euros

Le plus dur reste à réussir l’intégration de deux entreprises aux cultures et histoires différentes. AMS s’est engagé à maintenir les sites de production et l’emploi d’Osram en Allemagne pendant trois ans, d’élargir le conseil de surveillance à 12 membres, dont quatre représentants du personnel, contre neuf dont trois salariés aujourd’hui, de localiser la moitié du management du futur ensemble à Munich, le siège actuel d’Osram, de respecter les conventions collectives et sociales, de préserver les régimes de retraite et de conserver la marque Osram. Dans le même temps, l’autrichien mise sur le rapprochement pour dégager des synergies annuelles de plus de 300 millions d’euros dans trois ans.

Selon des analystes, ce travail d’intégration risque d’être compliqué. AMS ne détient que 69 % du capital d’Osram. Il n’a pas les coudées franches pour imposer ses décisions. Il devra composer non seulement avec les actionnaires minoritaires mais aussi avec les puissants syndicats d’Osram très méfiants envers l’autrichien. AMS prévoit de conserver les activités d’Osram dans les LED et l’éclairage automobile, et de céder l’activité de services qui représente 26 % du chiffre d’affaires de l’ancienne filiale de Siemens. Un projet qui risque de provoquer l’opposition des salariés et des syndicats. Il faudra pour Alexander Everke beaucoup de tact et de patience pour aller jusqu’au bout de son projet.

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