Alstom veut-il reprendre l’activité ferroviaire de Bombardier ?

Après le véto de l’Europe au mariage Alstom-Siemens dans le ferroviaire, le groupe français serait intéressé par l’activité du canadien Bombardier, en difficulté et déjà contraint à un désengagement dans le secteur aéronautique.

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Bombardier
Bombardier et Alstom sont déjà partenaires, et vont notamment réaliser ensemble la nouvelle génération de métros parisiens.

Alstom va-t-il tenter de profiter des difficultés rencontrées par l'industriel canadien Bombardier ? Selon l’agence Bloomberg, le géant français du ferroviaire, frustré de ne pas avoir pu constituer avec l’allemand Siemens l’ "Airbus du ferroviaire" dont ils rêvaient, serait entré en discussion avec le canadien Bombardier pour marier leurs activités ferroviaires.

Ils sont déjà partenaires de longue date à travers le monde : au Canada, mais aussi en France, où leur consortium a notamment été sélectionné en novembre 2019 pour concevoir et fabriquer la nouvelle génération de métros parisiens, avec une première commande ferme de 530 millions d’euros, dans le cadre d’un contrat qui pourrait grimper jusqu’à plus de 2,9 milliards d’euros.

Des résultats 2019 inférieurs aux prévisions

Lourdement endetté, Bombardier doit présenter ses résultats financiers 2019 le 13 février. Il a d’ores et déjà annoncé qu'ils seraient très inférieurs aux prévisions. Va-t-il sinon en profiter pour annoncer des cessions par appartements dans le ferroviaire, secteur pour lequel il compte 63 usines dans le monde pour des ventes d’environ 7,5 milliards d’euros (contre 8,1 milliards pour Alstom)… comme il les a multipliées ces derniers mois dans l’aéronautique ?

Un désengagement dans l'aéronautique

Pour celui qui se voyait ainsi, au mitan des années 2000, tutoyer Airbus et Boeing avec le désir de bousculer ce duopole, le scénario qui se profile tient du cauchemar. L’entreprise canadienne n’a pas caché que sa participation au programme A220 pouvait être bientôt compromise. "Bombardier réévalue sa future participation dans Société en commandite Airbus Canada", a-t-elle ainsi récemment annoncé dans un communiqué. En clair : Bombardier pourrait revendre ses parts dans le programme et renflouer ses caisses.

D’autant que le groupe n’est pas en mesure d’assurer les nouveaux investissements nécessaires, qui repoussent le seuil de rentabilité du programme, notamment pour assurer la montée en cadences de production d’un programme qui décolle enfin commercialement. En quelques années, l’industriel canadien - qui a été au bord du dépôt de bilan - s’est débarrassé de bon nombre de ses activités aéronautiques et a cédé des usines à Belfast (Irlande du Nord) et à Casablanca (Maroc).

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