Quelques jours après la commande de centaines de rames pour le métro de Hanovre, Alstom vient de conclure un contrat ferroviaire d’importance en Australie. Rendu public jeudi 18 juillet, il concerne la livraison, en partenariat avec le groupe d’ingénierie local DT Infrastructure, d’un nouveau système de signalisation à la Public Transport Autority of Western Australia (PTA) pour le réseau ferroviaire de l’agglomération de Perth, la quatrième ville du pays.
Baptisé Urbalis CBTC, ce système de signalisation doit permettre d’augmenter la capacité du réseau local, composé de sept lignes. Équivalent urbain du système ERTMS qui contribue à accroitre les fréquences des trains à grande vitesse en Europe, le dispositif a déjà été installé sur 190 lignes dans 32 pays. Sydney et Melbourne l'ont ainsi adopté. «Le CBTC permet d’augmenter la fréquence et d’accélérer les temps de récupération en rapprochant les trains tout en maintenant des normes de sécurité strictes, indique Aymeric Sarrazin, président de Digital & Integrated Systems chez Alstom. […] Le projet devrait permettre d’augmenter de 40% la capacité du réseau de Perth.» Le système doit aussi permettre des économies d’énergie, non précisées par Alstom, et mettre en œuvre des standards de cybersécurité plus robustes.
Pour Alstom, il s’agit d’une nouvelle victoire en Australie, pays où il emploie 1600 salariés dans 25 sites. Engagé dans le plan d’extension du réseau de Perth, l'industriel avait déjà remporté un contrat de 43 trains Série C à la PTA, dont les livraisons ont commencé cette année.
Les sites de Saint-Ouen et Villeurbanne impliqués
Outre la conception et la fourniture du système, le contrat prévoit aussi sa maintenance dans le temps. Il doit permettre de créer ou de maintenir 750 emplois dans la région. Le projet impliquera des salariés du groupe basés à Bangalore (Inde) mais aussi des sites français de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et Villeurbanne (Rhône). «Les équipes de Saint-Ouen participeront à la livraison de la solution CBTC, couvrant les activités liées aux systèmes et aux logiciels, de la conception préliminaire à l'intégration du système, précise Aymeric Sarrazin. Quant aux équipes de Villeurbanne, elles fabriqueront des équipements embarqués et en voie qui constituent la solution CBTC.»
Alstom affiche un carnet de commandes relativement haut (90,3 milliards d’euros au 31 décembre 2023) mais reste confronté à des retards sur des programmes clés comme pour les RER nouvelle génération et les TGV-M. En plein redressement financier après des difficultés de trésorerie à l’automne 2023, le groupe français n’est pas inquiet pour l'exécution son contrat australien. «Alstom gère en permanence ses capacités de production afin de garantir une livraison efficace et en temps voulu de tous les projets, qu'il s'agisse de projets existants, nouveaux ou potentiels, indique l'entreprise. Chaque contrat fait l'objet d'une évaluation complète afin d'équilibrer efficacement les charges de travail au sein de nos opérations dans le monde.»



