L’exercice fiscal 2019/2020 d’Alstom se clôturant au 31 mars, l’impact du Covid-19 sur les résultats du groupe est limité. Il est estimé à environ 100 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 8,2 milliards d’euros, en progression de 2 % (croissance organique de 1 %).
Alstom a d’ailleurs enregistré à nouveau un volume de commandes important qui s’élève à 9,9 milliards d’euros sur cet exercice. Au total, le carnet de commandes bat un nouveau record à 40,9 milliards d’euros. Le résultat d’exploitation a augmenté de 4% à 630 millions d’euros, le résultat net atteint 446 millions d’euros et le cash-flow passe de 153 à 206 millions d’euros.
Comme pour la plupart des industries, les usines d’Alstom ont dû fermer. "Ce n’est pas une crise de la demande, mais de la production, a indiqué Henri Poupart-Lafarge, le PDG du groupe ferroviaire français dans une conférence de presse, ce mardi 12 mai 2020. Nous avons commencé par nous mettre au service de nos clients pour surmonter cette crise." Alstom a notamment maintenu la maintenance pour les métros, trams et trains qui continuaient de rouler et proposé, entre autres, ses solutions de gestion de flux.
Le PDG a baissé son salaire
Les équipes se sont mobilisées dans le monde entier pour soutenir la lutte contre le Covid-19, afin de fabriquer des visières et des valves de respirateurs, et donner des masques et autres équipements de protection aux hôpitaux. Le budget de la Fondation Alstom augmentera également de 1,5 à 1,9 million d’euros en 2020/21. Une hausse en partie financée par la baisse de salaires des membres du comité exécutif, dont celui du patron d’Alstom, qui a annoncé avoir réduit son salaire fixe de 25 % ce trimestre. Pour l’Assemblée générale du 8 juin, il a été demandé aux actionnaires de renoncer aux dividendes.
Sur les 38 000 salariés, 24 000 se sont retrouvés en télétravail, notamment l’ingénierie qui depuis le site du Creusot (Saône-et-Loire) a suivi les tests du futur TGV américain à Pueblo. "Nous avons marqué un pause dans nos usines, pour appliquer en accord avec les organisation syndicales les mesures sanitaires", explique Henri Poupart-Lafarge. Alstom a rouvert les sites progressivement dès la fin avril avec "un travail de terrain mené au jour le jour" pour mettre en place les mesures de sécurité avec un redémarrage partiel de la production début mai et une pleine production prévue avant la fin juin.
Redémarrer avec toute la filière
Mais Alstom sait aussi que sans la filière l’activité ne peut pas retrouver son rythme de croisière. "Nous avons coordonné l’achat d’1 million de masques pour les PME du secteur, coordonner les plans de relance de l’activité, car il faut que tout le monde reprenne, prévient Henri Poupart-Lafarge. Un guide des bonnes pratiques a été mis en place avec les organisations syndicales. Il faut que nous retrouvions une production normale et que nous continuons sur notre dynamique commerciale. Certains projets d’appel d’offres sont retardés, mais rien n’est annulé et sur les projets en cours, on nous demande d’accélérer."
Si Alstom a donc été relativement épargné sur cet exercice, il s’attend bien entendu à un impact plus important sur le prochain. Le carnet de commandes risque de baisser fortement par rapport aux exercices précédents. Mais la direction d’Alstom confirme ses objectifs à l’horizon 2022/2023 avec une marge d’exploitation ajustée à 9% même si la croissance de 5% par an pourrait être "légèrement" entamée.
Quant à l’acquisition de Bombardier Transport, rien n’est remis en cause malgré certaines rumeurs, y compris sur les conditions financières. Les syndicats d’Alstom doivent remettre leur avis cet été. La réalisation de l’opération est toujours prévue pour le premier semestre 2021.



