Air Liquide, le géant français des gaz industriels, accélère encore dans l'hydrogène. Le groupe a annoncé mercredi 20 octobre avoir porté à 100% sa participation dans H2V Normandy, après avoir déjà pris en janvier 40% du capital auprès de la société d'ingénierie H2V Product, filiale de Samfi Invest. Les détails financiers de l'opération n'ont pas été communiqués.
Renommé Normand'Hy, ce projet prévoit de produire chaque année 28 000 tonnes d'hydrogène vert afin d'alimenter les industriels du bassin normand, grâce à un électrolyseur à membrane échangeuse de protons (PEM) doté d'une puissance minimum de 200 MW. Bientôt construit dans la zone de Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime), celui-ci devrait être mis en service en 2025 et aurait dès lors le potentiel d’éviter 250 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
8 milliards d'euros d'investissements
Dans un communiqué, Air Liquide a également précisé que l'enquête publique pour le permis environnemental s'était terminée mercredi. Pré-notifié à l'Union européenne par les autorités françaises dans le cadre de l'appel à projets PIIEC H2 (projet important d'intérêt européen commun), Normand'Hy pourrait recevoir des financements européens.

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Le groupe français, qui prévoit d'investir au total environ 8 milliards d'euros dans l'hydrogène bas carbone d'ici à 2035 et d'atteindre une capacité d'électrolyse de 3 GW d'ici à 2030, a multiplié les annonces sur le sujet ces dernières semaines. Rien qu'en octobre, Air Liquide a annoncé avec TotalEnergies et Vinci la création d'un fonds d'investissement mondial, dont l'objectif est de récolter 1,5 milliard d'euros pour accélérer la cadence de la filière hydrogène décarboné et dévoilé un partenariat avec l'équipementier Faurecia pour alimenter les poids lourds en hydrogène.
Deux gigafactories d'électrolyseurs
La société H2V Product prévoit de son côté de construire un second complexe d'une envergure similaire à celle de Normand'Hy à Dunkerque (Nord), mais le projet est nettement moins avancé. Parallèlement, elle a annoncé en mars vouloir investir 250 millions d'euros pour produire de l’hydrogène vert sur le site de l’ancienne aciérie de Gandrange (Moselle), également à hauteur de 28 000 tonnes par an.
Ces perspectives s'inscrivent dans la lignée de l'ambition affichée par Emmanuel Macron lors de la présentation du plan France 2030. Alors qu'une enveloppe de 7,2 milliards d'euros avait déjà été annoncée en septembre 2020 pour développer la filière hydrogène, le président a affirmé qu'il voulait faire de la France le leader dans l'hydrogène vert en 2030, et compter d'ici là au moins deux gigafactories d’électrolyseurs. La première sera construite par le belge John Cockerill sur son site d’Aspach-Michelbach (Haut-Rhin), l'autre doit être installée par McPhy à Belfort (Territoire-de-Belfort).



