Air Liquide décarbonera sa production d'hydrogène à Rotterdam dans le cadre du projet Porthos

Le groupe français Air Liquide construira une unité de captage de carbone pour décarboner ses productions d’hydrogène dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Porthos pour le captage d’émissions industrielles de CO2 et le stockage en Mer du Nord. ExxonMobil, Air Products et Shell sont aussi engagés.

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Comme Shell, ExxonMobil et Air Products, Air Liquide s'est engagé à alimenter le pipeline de CO2 du consortium Porthos pour stocker, à partir de 2026, du CO2 généré par leurs productions en Mer du Nord.

Après avoir signé de premiers contrats en 2021, Air Liquide entre dans la phase concrète. Le groupe français a indiqué le 19 décembre 2023 son intention de construire une unité de captage de carbone sur son site de production d’hydrogène implanté dans le Port de Rotterdam, aux Pays-Bas. Le montant de l’investissement demeure confidentiel pour cette future unité dont la mise en service est envisagée pour 2026.

Comme trois autres industriels présents sur place, en l’occurrence ExxonMobil et Shell avec des complexes de raffinage et de chimie, et Air Products pour décarboner aussi ses productions d’hydrogène, Air Liquide est l’un des premiers clients du projet Porthos (Port of Rotterdam CO2 Transport Hub and Offshore Storage). Mené par les groupes néerlandais gaziers ENB et Gasunie, ainsi que par l’autorité du Port de Rotterdam, Porthos sera l'une des infrastructures d’envergure en Europe pour le captage et le stockage de CO2. Localement, deux autres projets sont en cours, Athos et Aramis, auquel participe notamment TotalEnergies.

Capter et stocker 10% des émissions de CO2 du Port de Rotterdam

Le 18 octobre dernier, a été annoncée la décision finale d’investissement pour le projet Porthos, avec un début de la construction programmé à partir de janvier 2024 et un démarrage en 2026. Estimé à un coût de 1,3 milliard d’euros, soutenu à hauteur de 102 millions d’euros par l’UE, Porthos comprendra un pipeline collectif de CO2, sur lequel se brancheront les industriels clients comme Air Liquide pour y injecter leurs émissions captées, une station de compression, ainsi qu’un pipeline offshore pour acheminer le CO2 jusqu’à une plateforme en Mer du Nord puis le stocker dans un ancien gisement d’hydrocarbures situé à 20 kilomètres de la côté et 3 kilomètres sous le niveau de la mer. L’objectif de Porthos est de pouvoir capter 2,5 millions de tonnes de CO2 par an, soit environ 10% des émissions industrielles du Port de Rotterdam, sur une durée de 15 ans. De quoi atteindre, en volume, un total de 37 millions de tonnes de CO2 à terme.

Sur son site de Rotterdam, Air Liquide prévoit d’implanter son système Cryocap. Cette unité permet de capter, par cryogénie, jusqu’à 98% du CO2 émis lors de la production d’hydrogène par vaporeformage de méthane (procédé "SMR" pour "steam methane reforming", le plus classique et économique mais aussi le plus carboné). Le groupe a déployé depuis 2015 une unité Cryocap sur son site d’hydrogène de Port-Jérôme, en Seine-Maritime. Une autre est en cours d’installation pour décarboner l’unité SMR d’hydrogène implantée sur la plateforme de raffinage-chimie de TotalEnergies à Gonfreville (Seine-Maritime), et une troisième sera aussi déployée pour la future unité d’hydrogène prévue sur la plateforme en reconversion de TotalEnergies à Grandpuits, en Seine-et-Marne.

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