Air Liquide voit plus grand au Québec (Canada). Déjà implanté à Bécancour pour des productions d’hydrogène, le groupe français va y déployer une véritable plateforme de gaz industriels. Il prévoit un investissement de plus de 140 millions d’euros pour construire une unité de séparation des gaz de l’air (ASU), afin de produire de l’oxygène, de l’azote et de l’argon, ainsi que des infrastructures de stockage liquide destinées à ces futurs volumes. La mise en service est ambitionnée pour 2025.
D’une capacité de 850 tonnes par jour de gaz industriels, l’ASU sera raccordée à un réseau local de canalisations pour servir les différents clients industriels. En termes d’emplois, ce projet devrait aboutir à la création de dix postes qui viendront s’ajouter aux 28 salariés actuels du site.
L’implantation se situe sur la rive droite du fleuve Saint-Laurent, entre les villes de Québec et Montréal. La Société du parc industriel et portuaire de Bécancour présente cette zone comme «un des plus grands parcs industriels au Canada». Sur près de 7000 hectares, sont implantés une quinzaine d'acteurs industriels, en particulier dans les segments de l’électrométallurgie et de l’électrochimie. On y trouve par exemple une usine de peroxyde d’hydrogène du chimiste français Arkema. Air Liquide explique, dans un communiqué, que son projet «s’inscrit dans une dynamique de décarbonation de la zone industrielle portuaire de Bécancour».
En amont, la future plateforme d’Air Liquide sera qualifiée de bas carbone grâce à l’utilisation de ressources hydroélectriques pour les besoins énergétiques. «Les gaz de l’air produits à Bécancour seront renouvelables parce que l’électricité fournie pour les produire sera hydraulique à 99,5%», précise un porte-parole du groupe. En aval, ces futures productions viseront essentiellement des clients produisant des composants de batteries pour des véhicules électriques, un marché en plein essor en Amérique du Nord. Le groupe a ainsi signé des contrats à long terme pour pérenniser son investissement.
A Bécancour, Air Liquide dispose de deux unités d'hydrogène dont une renouvelable
Le projet viendra considérablement renforcer et diversifier les productions actuelles d’Air Liquide sur son site canadien. A Bécancour, le groupe est pour le moment focalisé sur l’hydrogène. Dès 1987, il a mis en service une unité SMR (production d’hydrogène par vaporeformage de méthane), procédé le plus classique mais particulièrement carboné pour la production d’hydrogène. En 2021, Air Liquide a aussi démarré sur place une seconde unité d’hydrogène mais renouvelable cette fois. L’unité représente encore à ce jour le plus grand électrolyseur mondial PEM (membrane échangeuse de protons). Cette unité d’une capacité de 20 mégawatts (MW) a «permis d’augmenter de moitié la capacité de production d’hydrogène du site de Bécancour», indique un porte-parole.



