L’investissement sera donc d’un total de 400 millions d’euros. C’est ce qu’a annoncé Air Liquide le 14 septembre 2023 pour son projet d’hydrogène vert et bas carbone à Port-Jérôme-sur-Seine, en Seine-Maritime. L’annonce fait suite à la signature d’un protocole d’accord avec TotalEnergies : ce dernier s’est engagé à approvisionner en électricité renouvelable la moitié des besoins énergétiques de l’électrolyseur, tandis qu’Air Liquide lui fournira en retour la moitié des volumes d’hydrogène produits. Cela permettra au pétrolier d'alimenter la plateforme de raffinage-chimie de TotalEnergies à Gonfreville (Seine-Maritime). En mars 2022, ce projet nommé Normand’Hy avait déjà reçu un soutien de l’Etat de 190 millions d’euros dans le cadre du plan de Relance.
Le projet Normand’Hy porte sur la construction d’un électrolyseur d’une capacité de 200 MW, ce qui correspond à une capacité de l’ordre de 84 tonnes d’hydrogène par jour. Dans un communiqué, Air Liquide parle du plus grand électrolyseur utilisant une technologie de membrane par échanges de proton (PEM) «jamais construit». Cette technologie PEM sera fournie par Siemens Energy dans le cadre d’un partenariat ; une partie des équipements de l’électrolyseur sera ainsi produite en Allemagne. Initialement envisagée pour 2025, la mise en service de Normand’Hy a pris du retard. Air Liquide et TotalEnergies évoquent le second semestre 2026 pour la pleine mise en œuvre du projet.
150 000 tonnes de CO2 économisées par an sur la plateforme TotalEnergies
L'accord porte sur deux volets. Le premier concerne l’approvisionnement en électricité. TotalEnergies fournira l’électrolyseur à hauteur de 100 MW, donc la moitié des besoins requis. Le groupe calcule un volume de 700 GWh par an, à partir de sources renouvelables, et cite des productions éoliennes et photovoltaïques. De son côté, Air Liquide précise dans son communiqué que pour compléter les besoins – donc l’autre moitié – il s’appuiera sur d’autres contrats en énergie renouvelable et sur l’énergie «bas carbone du réseau électrique français».
En contrepartie, Air Liquide flèchera la moitié de ses capacités d’électrolyse vers la plateforme Normandie de TotalEnergies. Ces volumes d’hydrogène, à hauteur de 15 000 tonnes par an environ, devraient permettre de réduire de 150 000 tonnes par an les émissions de CO2 des activités de raffinage et de chimie de la plateforme. L’autre moitié des volumes produits, qu’il soit vert ou bas carbone selon les approvisionnements électriques, sera destinée à servir les autres acteurs industriels et les besoins en mobilité propre dans l’axe Seine.
TotalEnergies veut décarboner ses plateformes européennes
Ce projet s’inscrit dans celui de TotalEnergies qui vise à décarboner l’ensemble de ses activités de raffinage et de chimie en Europe. Le 14 septembre, le groupe a dévoilé un appel d’offres pour obtenir 500 000 tonnes par an d’hydrogène vert. Son objectif : remplacer la totalité des besoins actuels en hydrogène, aujourd’hui carboné, par de l’hydrogène vert. Cela permettrait d’éviter 5 millions de tonnes d’émissions de CO2 pour l’ensemble de ses raffineries européennes, à l’horizon 2030. En plus de la plateforme Normandie, le projet comprend les complexes de TotalEnergies à Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône), Anvers (Belgique), Leuna (Allemagne), et Zeeland (Pays-Bas), ainsi que les bioraffineries de La Mède (Bouches-du-Rhône) et de Grandpuits (Seine-et-Marne).



