Afyren mise sur la bourse pour son déploiement industriel en Amérique du Nord et en Asie

L’entreprise clermontoise de chimie verte Afyren projette de s’introduire sur Euronext Growth dans l’optique de lever les fonds nécessaires à son industrialisation. Afyren, qui finalise la construction de sa première usine à Carling, en Moselle, vise deux autres usines en Amérique du Nord et en Asie d’ici à 2026.

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En plus de l'usine en construction sur la plateforme chimique de Carling, en Moselle, l'entreprise de chimie verte Afyren ambitionne deux autres usines en Amérique du Nord et en Asie.

Le calendrier n’est pas encore fixé mais Nicolas Sordet, président et co-fondateur d’Afyren, évoque un horizon de «quelques mois, avant la fin de l’année». D’ores et déjà, l’entreprise clermontoise de chimie verte a annoncé le 26 août l’approbation de son document d’enregistrement par l’Autorité des marchés financiers, en vue d’une introduction en bourse sur le marché Euronext Growth. L’envergure de l’opération n’est pas encore dévoilée. «Nous visons une levée conséquente», se limite à commenter Nicolas Sordet, précisant qu’une partie seulement du capital serait introduit en bourse.

Accélérer l’industrialisation

L’objectif principal de cette augmentation de capital est de «se donner les moyens d’accélérer» et de «pouvoir financer la croissance et les nouvelles usines», précise encore Nicolas Sordet. Aujourd’hui, Afyren est à l’aube de son industrialisation. Fondée en 2012, dénombrant 33 salariés répartis entre Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Lyon (Rhône) et Carling (Moselle), la société finalise aujourd’hui la construction de sa première usine sur la plateforme chimique de Carling. Dans le cadre de la coentreprise Afyren Neoxy, dont Bpifrance détient 49%, cette usine, qui doit entrer en service au premier trimestre 2022, produira sept acides organiques et un engrais naturel entièrement biosourcés, obtenus à partir de betteraves sucrières.

Deux usines en Amérique du Nord et en Asie du Sud-Est

Avant même le démarrage de ce premier site de production, Afyren anticipe déjà la construction de deux autres usines sur les deux autres principales zones économiques : l’Amérique du Nord et l’Asie. L’objectif est de pouvoir produire à proximité des marchés et des clients en réduisant les problématiques de transport et de fret, et donc l’impact environnemental, mais aussi à proximité de l’accès à des matières premières valorisables.

La technologie d’Afyren permet d’adapter la fabrication à partir de biomasse différente. Au lieu de betterave comme à Carling, les procédés peuvent utiliser des matières comme la canne à sucre ou le maïs, entre autres. L’entreprise étudie actuellement plusieurs sites d’implantation mais «sans préférence. Nous étudions les deux localisations en parallèle, avec l’idée d’avoir la première usine opérationnelle pour 2024 et la deuxième pour 2026», confie Nicolas Sordet. En Amérique du Nord, l’usine pourrait être implantée soit aux Etats-Unis soit au Canada. En Asie du Sud-Est, la société ne précise pas plus, de nombreuses options sont examinées.

A l’inverse de l’usine Afyren Neoxy, projet mené en coentreprise, Nicolas Sordet reconnaît que pour les deux autres usines, Afyren envisage plutôt des projets industriels menés en solo, même s’il n’exclut pas l’idée de partenariats. En revanche, il exclut l’octroi de licences à des acteurs extérieurs, le but d’Afyren étant de «construire un nouvel acteur industriel». Et les objectifs ciblés sont conséquents. L’entreprise vise des capacités de 72 000 tonnes par an d’ici 2026, sachant que l’usine française est conçue pour des capacités de 16 000 tonnes par an, un chiffre d’affaires annuel supérieur à 150 millions d’euros et une marge d’Ebitda courant d’environ 30% dès 2027.

Substituts à des ingrédients pétro-sourcés

Les productions d’Afyren concernent sept acides carboxyliques (acide acétique, acide propionique, acides butyrique et isobutyrique, acides valérique et iso-valérique, acide caproïque), qui sont employés dans de vastes marchés comme la nutrition humaine et animale, les arômes, les parfums, les lubrifiants, la santé ou encore les matériaux. La société décrit, pour tous les acides carboxyliques, un marché mondial conséquent et dynamique : de l’ordre de 13 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros) pour l’année 2021, avec une perspective de 21,3 milliards de dollars en 2030. Mais un marché constitué de produits et d’ingrédients pétro-sourcés. Avec des productions intégralement biosourcées, non-OGM, et jugées compétitives, qui disposeraient d’une empreinte carbone cinq fois moindre et assorties d’une promesse de zéro déchet industriel, Afyren est persuadé de détenir une carte majeure pour se faire une place au cœur du marché. D’ailleurs, l’entreprise assure que plus de la moitié du chiffre d’affaires ciblé à pleine capacité pour la première usine, à Carling, est déjà pré-vendu.

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