Metabolic Explorer (Metex) dispose désormais d’un soutien institutionnel de taille pour son développement. Le fonds SPI (Société de projets industriels), mené par Bpifrance avec la participation de la Banque européenne d’investissement, est entré ce 8 juillet au capital de Metex. Mieux, SPI se positionne d’emblée comme le premier actionnaire avec 25,9% des parts de ce spécialiste français de la biochimie industrielle.
Au total, le fonds apporte l’équivalent de 46,5 millions d’euros à cette entreprise clermontoise en pleine mutation, dont le profil est passé de start-up à ETI au cours derniers mois.
Deux premières usines en service
Fondée en 1999, Metex vient de mettre en service sur la plateforme de Carling (Moselle) une première unité de production de deux produits biosourcés non-OGM synthétisés par fermentation: le 1,3 Propanediol (PDO) pour les marchés de la cosmétique et des polymères, et l’acide butyrique (AB) pour le marché de l’alimentation animale.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Les premiers lots ont été commercialisés en juin dernier. L’entreprise a également acquis au printemps le plus grand site européen de production d’acides aminés par fermentation en reprenant l’usine d’Ajinomoto à Amiens (Somme). L’entreprise dénombre désormais 450 salariés en France pour un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 200 millions d’euros.
56,5 millions d’euros levés
L’opération s’est déroulée en deux temps. En 2018, SPI était entré dans l’aventure de la première usine à Carling. Sous le nom Metex Noovista, ce projet industriel était mené jusqu’à présent en coentreprise, avec 45% des parts détenues par SPI qui avait injecté un "tout petit peu moins de 20 millions d’euros, somme aujourd’hui valorisée à 31,5 millions d’euros", indique Magali Joëssel, directrice du fonds SPI. Désormais, Metex a repris la totalité de Metex Noovista à son compte. Aux 31,5 millions d’euros en titres, le SPI a alors ajouté 15 millions d’euros d’argent frais pour entrer au capital de Metex à hauteur de 46,5 millions d’euros, dans le cadre d’une augmentation de capital finalisée ce 8 juillet. En complément, des investisseurs privés ont également apporté 10 millions supplémentaires, pour un total, donc, de 56,5 millions d’euros.
Avec cette prise de participation, SPI "n’accompagne plus seulement l’entreprise sur un seul projet industriel, mais sur l’ensemble des projets", souligne Magali Joëssel. Laquelle évoque une "opération emblématique" et un "signal fort au marché" pour le développement de la chimie verte en France. Le fonds SPI, depuis sa création en 2015, avait limité à un peu moins de 30 millions d’euros ces engagements dans des projets de ce secteur, lequel représentait jusqu’alors 45% des dossiers pour seulement 25% des montants engagés. Cet engagement dans Metex devient désormais le plus important de SPI en chimie verte et s’inscrit comme un soutien à longue échéance et de plus vaste envergure qu’un seul projet industriel.
Accélération industrielle
Benjamin Gonzalez, fondateur et PDG de l’entreprise se félicite de cette avancée. "Cette continuité de l’accompagnement de Bpifrance démontre la pertinence de notre modèle alliant innovation, écologie et industrie et proposant des alternatives concrètes aux enjeux actuels de souveraineté alimentaire et industrielle", met-il en avant dans un communiqué. De quoi permettre de nourrir "l’ambition de permettre l’émergence d’un leader européen de la chimie verte".
Avec ces nouveaux fonds, Metex pourra accélérer ses investissements industriels. La filiale Metex Noovistago, en charge de l’usine d’Amiens, prévoit des augmentations de capacités de production d’acides aminés de spécialité (valine, tryptophane, leucine, isoleucine et arginine), et l’ajout d’autres unités, notamment pour de l’acide glycolique biosourcé. Après plus de 20 ans de recherche et développement (R&D), Metex dispose de technologies désormais matures et d’un portefeuille garni qui lui fait espérer mettre en production un nouveau produit par an au cours des prochaines années.



