1,2 milliard d'euros, c'est l'enveloppe que va accorder le gouvernement au secteur de l'agroalimentaire dans le cadre du plan de relance. Cette somme doit permettre à la France de "défendre sa souveraineté alimentaire et d'assurer sa transition écologique" a expliqué le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Julien Denormandie lors d'une conférence de presse ce jeudi 3 septembre. Pour atteindre ces deux objectifs, le gouvernement entend travailler sur quatre axes principaux.
100 millions d'euros pour développer les protéines végétales françaises
Seules 47% des protéines consommées en France proviennent du territoire national. Une dépendance qu'Emmanuel Macron s'est engagé à réduire grâce au "plan protéines". Ce dernier, annoncé pour l'automne 2019 puis repoussé, sera doté de 100 millions d'euros issus du plan de relance. "Bâtir notre souveraineté alimentaire passe par cette mesure essentielle. (...) La France plus forte, c'est la France plus indépendante" a expliqué le ministre.
Avec ces fonds, le ministre de l'Agriculture entend accompagner le développement de la filière et lutter contre l'importation de protéines végétales étrangères au premier rang desquelles le soja américain ou brésilien utilisé notamment dans les élevages.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
546 millions d'euros pour encourager l'agroecologie
La moitié des fonds annoncés par le gouvernement pour l'agriculture seront consacrée à la transition agroécologique (346 millions d’euros pour le volet des moyens de production et 200 millions d’euros pour le volet alimentation).
Mesure phare de ce volet, le gouvernement entend favoriser la certification HVE (Haute valeur environnementale) des exploitations agricoles via un crédit d'impôt et un renforcement du fonds Avenir Bio. Au 1er janvier 2020, plus de 5 399 exploitations agricoles étaient certifiées HVE. un chiffre déjà trois fois supérieur à celui de l’année précédente. Composée de trois niveaux, cette certification, obtenue lors du passage du troisième niveau, impose une obligation de résultats mesurés via des marqueurs de performance environnementale comme l’indicateur de fréquence de traitement ou la balance azotée.
Le gouvernement veut également encourager l'intégration de l'agriculture de précision dans les pratiques agricoles. Ces nouveaux équipements, plus précis, permettent de diminuer le recours aux phytosanitaires en calibrant, avec plus de précision, les doses à appliquer. Une prime à la conversion des agro-équipements afin de permettre aux agriculteurs d’investir dans des outils plus sobres en ressources sera ainsi mise en place.
250 millions d'euros pour favoriser le bien-être animal
"Produire en France est aussi l’opportunité de répondre aux hautes exigences des consommateurs français, en faveur d’une alimentation sûre, saine et attentive bien-être animal", a expliqué le ministre. 250 millions d'euros seront donc consacrés à ce thème. Ces fonds ont pour objectif d'accompagner la modernisation des abattoirs et des élevages et d'accompagner le passage aux élevages en plein air.
200 millions d'euros pour 50 millions d’arbres plantés
Julien Denormandie a aussi annoncé des mesures spécifiques pour la filière forêt-bois. Celle-ci permet, selon le ministère, de compenser environ 20 % des émissions françaises de CO2. 200 millions d’euros seront mobilisés en 2021 et en 2022 dans les territoires ruraux pourvus d’une couverture forestière.
"Amplifier le rôle de puits de carbone de la forêt et le développement des produits bois suppose d’investir dans la filière", explique le gouvernement, qui s’engage à reconstituer les forêts ayant dépéri dans l’Est de la France suite aux attaques de scolytes. Depuis la mi-2018, ces coléoptères qui percent l’écorce des arbres s’attaquent de manière massive aux épicéas du Grand-Est – d’autres pays sont aussi touchés, tels que l’Allemagne et la République Tchèque.
Par ailleurs, pour augmenter la compensation carbone et atténuer le changement climatique, 45 000 hectares de forêt, seront "améliorés, adaptés, régénéres ou reconstitués", grâce à la plantation d’environ 50 millions d'arbres.
Le reboisement de parcelles forestières, les investissements dans le développement ou la modernisation d’entreprises de transformation du bois figurent parmi les mesures avancées. Utilisées dans les applications de cartographie, les données Lidar (Light Detection And Ranging, ou détection et télémétrie par ondes lumineuses) seront utilisées afin de disposer d’une connaissance plus fine des peuplements forestiers.



