Dans la zone industrielle de Limoges (Haute-Vienne), les pièces de camions, poids lourds et autres utilitaires connaissent une seconde vie. Pas moins de 22000 produits remanufacturés (boîtes de vitesses, moteurs, capteurs Nox, injecteurs...) sortent, chaque année, de l’usine Renault Trucks qui recense 260 employés.
«On reçoit ce que l’on appelle une carcasse, un produit usagé, que l’on va rénover. Puis, on va l’inspecter, le démonter, éventuellement remplacer des pièces. Ensuite, on réassemble, on teste et on renvoie aux centres de distribution qui vont faire le relais avec les concessionnaires. C’est ce que l’on appelle le remand, c’est-à-dire la fabrication de produits qui vont permettre de réutiliser jusqu'à 85% de matériaux d'un produit neuf et 80 % d'économie d'énergie», explique Stéphane Covasso, directeur du site.
Développer une production durable et recycler
Avec un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2024, en hausse de 20% par rapport à l’année 2024, l’activité de l’entreprise est plus que satisfaisante, selon son représentant. Mais outre cette bonne santé financière, l’objectif affiché est, en parallèle, de développer une économie circulaire. En témoigne un récent investissement d’1,7 million d’euros sur la chaîne de production. Ceci, afin de se munir d’une machine inédite pour prolonger la durée de vie des filtres à particules (FAP), tout en garantissant leur efficacité environnementale. Jusqu’à présent, les FAP ne pouvaient être rénovés qu’une seule fois. Grâce à cette technologie, ils peuvent désormais être réutilisés tant que leurs performances restent conformes aux critères stricts définis par les ingénieurs Renault Trucks. Lorsqu’un filtre ne répond plus aux exigences, il est recyclé. «On veut aller jusqu’au bout de cette démarche de circularité», avance Stéphane Covasso. «Pour ce faire, on a développé de nombreuses techniques. Par exemple, les emballages perdus, on les détruit, puis on s'en sert de calages à l'intérieur. On essaie aussi de réutiliser les métaux précieux car ils deviennent de plus en plus rares et un enjeu crucial, compte tenu du contexte géopolitique. Côté consommation d’eau, elle a été réduite de 450000 mètres cube à 4000 mètres cube depuis 2001, grâce à une station de recyclage», détaille-t-il.
Une réduction de 30% de ses émissions de CO2 par rapport à 2019
Par ailleurs, l’usine limougeaude va être certifiée zéro enfouissement, cette année, et annonce la réduction de 30% de ses émissions de CO2 en 2025, par rapport à 2019. «La prochaine étape, c’est -50% d’ici à 2030. La base de notre activité est de redonner vie à des pièces pour éviter de devoir en produire d’autres avec les conséquences que ça peut avoir. Donc, c’est naturel de se soucier également de savoir si notre mode de production est respectueux ou non de l’environnement», explique-t-il.
Autre exemple de cette mise au vert de Renault Trucks, à Limoges : la mise en place de... l’écopâturage, via des moutons qui ont remplacé les tondeuses thermiques autour des locaux. «C’était l’idée d’une employée. Car, ici, la particularité est aussi de laisser tout le monde participer et s’exprimer, quitte à lancer de nouveaux projets singuliers comme celui-ci», souligne en souriant Stéphane Covasso.



