L’usine Renault Trucks de Bourg-en-Bresse (Ain) a entamé cette semaine l’assemblage des premiers poids lourds de 44 tonnes à motorisation électrique de la marque au losange. Ce site de production, qui emploie 1 350 personnes, vient compléter la gamme des camions de moyen tonnage (16 à 26 tonnes) assemblés dans l’usine de Blainville-sur-Orne (Calvados), bénéficiant ainsi des quatre années d’expérience de l’usine normande. «Grâce à ce nouveau véhicule, destiné à la distribution régionale et à la construction urbaine, nous disposons de la gamme 100% électrique la plus large en Europe», assure Christophe Martin, directeur général de Renault Trucks, qui s’exprimait à l’occasion du salon Solutrans à Lyon.
La filiale française du groupe suédois Volvo a investi 500 millions d’euros depuis quatre ans afin de mettre au point ses véhicules électriques, aménager les lignes de production et former ses collaborateurs. Elle ne détaille pas les investissements usine par usine.
Jusqu’600 chevaux et 300 km d’autonomie
Le début du process de production reste le même que celui des camions à moteur thermique pour le châssis, la cabine et les roues. L’industriel a aménagé un atelier de 5 200 m² pour les étapes suivantes de l’électrification, à savoir le montage de l’unité de propulsion électrique, celui des batteries et de la transmission.
L’industriel propose des packs de batteries lithium-ion apportant une puissance de 390 à 540 kwh, affichant une autonomie allant jusqu’à 300 km. Elles alimentent deux ou trois moteurs électriques. En configuration maximale, le camion développe l’équivalent de 600 chevaux. Fournies par Samsung SDI, les batteries sont assemblées dans l’usine Volvo Trucks de Gand (Belgique).
Pour l’instant, le virage électrique n’est pas amorti par les constructeurs, mais les contraintes réglementaires telles que les ZFE en France accélèrent le marché. En Allemagne, les véhicules électriques seront exonérés des péages à partir du 1er décembre. «Nous avions quelques centaines de ventes en 2019, nous terminerons l’année proche des 9000 unités», précise Olivier Metzger, directeur des énergies alternatives de Renault Trucks, qui revendique 18 % de parts de marché en Europe.
Master électrique courant 2024
Lors du salon Solutrans, Man et Ford Trucks ont annoncé la sortie de poids lourds de gros tonnage. Mercedes temporise et privilégie l’hydrogène. Renault Trucks réalise un chiffre d’affaires annuel de 5 milliards d’euros, dont 40% en France. Les camionnettes Master et les fourgons Renault Trafic restent assemblés par son ancienne maison mère. Le Trafic électrique est monté à Sandouville (Seine-Maritime). L’assemblage du Master électrique devrait démarrer dans le courant du premier semestre 2024 au sein de l’usine Renault de Batilly, près de Metz.
Renault Trucks emploie 9 400 personnes dans le monde. Il dispose de 4 usines en France. Outre les deux déjà citées, il est présent à Saint-Priest et Vénissieux (Rhône) où il assemble le vélo cargo Kleuster, d’une charge utile de 350 à 650 kg. Un atelier de réparation de pièces détachées emploie une centaine de personnes à Limoges (Haute-Vienne).



