Le leader mondial de la production de malt Boortmalt a inauguré lundi 20 septembre une centrale solaire thermique sur le terrain des Malteries franco-suisses, son usine d’Issoudun (Indre). Le coût de l’installation, mise en service en mars dernier, d’un montant de 6 millions d’euros, est supporté par Kyotherm, une entreprise parisienne spécialisée dans le développement de projets de production de chaleur renouvelable.
Un contrat de fourniture de chaleur de vingt ans a été signé avec Boortmalt en 2018. Par l’intermédiaire de son fonds chaleur, l’Ademe a apporté 3 millions d’euros de subventions et 531 609 euros d’avances remboursables.
10% des besoins énergétiques
La centrale (8,5 GWh de capacité) qui jauge 14 252 mètres carrés, fournira environ 10% des besoins énergétiques de l’usine. Avec la mise en service de ce champ, la malterie d’Issoudun bénéficie désormais de 50% d’énergie d’origine renouvelable dans son mix (25% par la biomasse et 15% grâce à la cogénération).
50% des besoins sont couverts en gaz, une part que Boortmalt, filiale de la coopérative agricole française Axereal (11 000 agriculteurs, 4 000 salariés, 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires), souhaite réduire à l’avenir. La malterie d’Issoudun, créée en 1893, constitue l’un des piliers de Boortmalt (27 malteries à travers le monde). 165 000 tonnes de malt y sont produites chaque année, soit 5,5% de la capacité mondiale du groupe.
Franck Stassi L'étape de germination requiert une attention constante portée à l'hygrométrie. Photo: Franck Stassi
« Nous pouvons bénéficier d’une source supplémentaire d’énergie pour chauffer notre eau », se réjouit Pierre Brotier, directeur général Europe continentale de Boortmalt. Lors de la phase de trempe (deux jours), l’immersion et l’aspersion des grains d’orge s’effectuent dans une eau comprise entre 15 et 18 degrés, afin d’obtenir un taux d’humidité compris entre 40% et 45%.
S’ensuit la phase de germination, destinée à hydrater l’embryon de l’orge pour hydrater les grains (15 à 18 degrés de température dans l’unité de production, avec une humidité s’échelonnant de 42% à 48%), durant quatre à cinq jours. En fin de process, le touraillage (un à deux jours) permet de stopper la germination, de sécher le malt et de développer la couleur et les arômes de celui-ci, en passant le produit de 45% à 4,5% d’humidité grâce à la circulation d’air chauffé.
Des approvisionnements pour l’usine d’Anvers
« Le projet de la centrale solaire thermique répond à plusieurs objectifs fixés par l’Etat, dont celui de la décarbonation de l’industrie, ainsi qu’aux enjeux de développement industriel et territorial. Nous devons progresser sur la transformation locale des produits agricoles. Nous sommes la troisième région agricole de France, mais la douzième en termes d’industries agroalimentaires », regrette Régine Engström, préfète de la région Centre Val-de-Loire et du Loiret.
Deux tiers des volumes de malt produits à Issoudun sont expédiés, à raison de deux trains par semaine, en direction de l’usine Boortmalt d’Anvers, la plus grande malterie au monde, afin d’être incorporés à des assemblages. A Issoudun, Boortmalt développe par ailleurs depuis 2017 une marque dédiée aux micro-brasseurs, Les Maltiers, avec des conditionnements en sacs de 25 kg ou en big bags de 1 à 2 tonnes. Une activité dont les volumes croissent en moyenne de 10% par an. Une autre centrale solaire thermique est, elle, en projet en Croatie.



