Le MSC Virtuosa a quitté Saint-Nazaire au début du printemps, après les derniers réglages. Ce mastodonte des mers a pris la direction du Royaume-Uni, pour une série de mini-croisières. Sur les Chantiers de l’Atlantique, deux autres paquebots en construction témoignent de l’activité intense pour assurer les commandes qui, malgré la crise sanitaire, n’ont pas été annulées. Seules quelques livraisons ont été reportées, comme celle du Virtuosa, initialement prévue pour octobre 2020.
Aucune option n’est pour l’instant passée à la trappe. Le carnet de commandes fermes et financées de l’entreprise, toujours nationalisée après l’échec de sa reprise par son concurrent italien Fincantieri, comprend encore une dizaine de paquebots, dont le dernier devrait être achevé en 2025. Mais aussi quatre sous-stations électriques destinées à des champs éoliens offshore, quatre bateaux ravitailleurs à livrer d’ici à 2028 et le futur porte-avions qui remplacera le Charles-de-Gaulle, en 2038.
Environ 8 000 personnes travaillent actuellement sur le chantier naval, sous-traitants compris. « Le savoir-faire de Saint-Nazaire est supérieur à celui des Allemands et des Italiens, affirme Patrick Pourbaix, le directeur général de MSC Croisières pour la France, la Belgique et le Luxembourg. C’est une pépite française et les Français ne le savent pas assez.»
Dominique Fontenat Un immeuble flottant de 6 000 passagers

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Le savoir-faire de Saint-Nazaire est supérieur à celui des Allemands et des Italiens. C’est une pépite française et les Français ne le savent pas assez.
— Patrick Pourbaix, directeur général de MSC Croisières pour la France, la Belgique et le Luxembourg
Le MSC Virtuosa ressemble à un immeuble moderne d’une blancheur immaculée, comptant une dizaine d’étages et 19 ponts. À l’intérieur, les cabines sont équipées d’un mobilier commun, mais il y a une grande différence de confort entre la suite avec terrasse et les cabines basses, petites et sans fenêtre.
Dominique Fontenat Des escaliers clinquants permettent d’accéder aux bars, salons, boutiques, spa, parc aquatique, restaurants, salles de spectacles et de jeux. Cet immeuble flottant mesure 331 mètres de longueur, 43 mètres de largeur et son tirant d’eau est de 8,5 mètres. Il peut accueillir plus de 6 000 passagers et 1 698 membres d’équipage. C’est le dernier paquebot de l’armateur italo-suisse à recourir à une motorisation thermique au fuel.
Dominique Fontenat
Dominique Fontenat À l'intérieur de ce géant des mers d’une dizaine d’étages, décor clinquant et nombreux services pour satisfaire les croisiéristes : bars, boutiques, parc aquatique, salle de jeux, spa... (Photo Dominique Fontenat)
Son successeur, le World Europa, dont la livraison est prévue en octobre 2022, sera le premier navire au GNL de la flotte MSC Croisières. Il réduira d’environ 20 % les émissions de CO2, et surtout de 99 % les émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et de soufre. « Actuellement, nous avons pas sé trois commandes fermes de paquebots au GNL, se félicite Patrick Pourbaix. Un paquebot de la série Meraviglia, comme le Virtuosa, sera livré en 2023 et un sister-ship du World Europa en 2025.» Ces trois navires doivent garantir 48 millions d’heures de travail aux Chantiers de l’Atlantique et ses sous-traitants et 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Sur les chantiers navals, la peur du vide a surgi à la vue de ces paquebots remplis de touristes contaminés par le Covid-19 qui ne pouvaient plus accoster, comme un remake de l’Exodus. Personne n’a oublié les images de l’errance du Zaandam parti de Buenos Aires et de la mise en quarantaine au Japon du Diamond Princess. Certains croisiéristes ont envoyé des paquebots à la casse, et après une, voire deux années blanches, les comptes risquent d’être catastrophiques pour la plupart d’entre eux. MSC Croisières maintient la barre et assure que les touristes seront au rendez-vous quand la crise sanitaire sera terminée. « Nous avons 50 % de réservations cette année par rapport à 2019, et 80 % pour l’hiver 2021-2022, indique Patrick Pourbaix. Nous avons repris les croisières le 16 août 2020. Avec les mesures mises en place, le paquebot devient l’endroit le plus sécurisé. On arrive à la conclusion inverse de celle qui avait prévalu pour le Diamond Princess.»
Reportage photo : Dominique Fontenat pour L'Usine Nouvelle



