MSC confirme deux paquebots et en précommande huit autres aux Chantiers de L'Atlantique

Dans le cadre du sommet Choose France, l’armateur italo-suisse MSC a confirmé la commande de deux paquebots World Classe aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et posé des options pour une nouvelle série, également au GNL, ainsi que pour quatre voiliers géants, les premiers du genre.

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Les Chantiers de l’Atlantique ont inauguré le 26 novembre l’extension de leur aire de pré-montage à Saint-Nazaire.
Le "MSC Europa", qui doit être livré en 2022 par les Chantiers de l'Atlantique, sera le premier paquebot propulsé au GNL construit en France.

L'armateur italo-suisse MSC a annoncé lundi 20 janvier, lors d'un entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe à Paris, une commande de 2 milliards d’euros aux Chantiers de l'Atlantique, basés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), pour deux nouveaux paquebots, livrables en 2025 et 2027 et propulsés au GNL (gaz naturel liquéfié).

L’information est venue de l’Elysée en amont du sommet "Choose France", qui se tient lundi 20 janvier à Versailles. Ce contrat est la confirmation des World Class 3 et 4, jusqu'à présent en option. Ces géants d’une capacité de 6 700 passagers vont générer "14 millions d'heures de travail, correspondant à 2 400 emplois pendant trois ans et demi", est-il précisé. En novembre 2019, la livraison à Saint-Nazaire du "MSC Grandiosa" avait été précédée par la découpe de la première tôle du "MSC Europa" de la même série World Class. Ce navire, qui doit être livré en 2022, sera le premier paquebot propulsé au GNL construit en France.

Nouvelle classe GNL et paquebots à voile

Cette commande ferme s'accompagne de la signature de deux protocoles d'accord avec le chantier naval. L’un porte sur le développement d’une nouvelle classe de paquebots propulsés au GNL, qui "intégreront les meilleures innovations en matière environnementale". Quatre bâtiments seront construits, représentant potentiellement 30 millions d’heures de travail supplémentaires pour les Chantiers de l’Atlantique et ses fournisseurs.

L’investissement se situe à près de 4 milliards d’euros. L’autre "memorandum of understanding" porte sur la construction d’un nouveau prototype de bateaux propulsés pour partie à la voile. Le protocole prévoit la construction de deux bateaux avec une option pour deux navires supplémentaires. Ils seraient livrés à la fin de la décennie 2020. Ce programme devrait mettre en œuvre la technologie Solid Sail, une nouvelle génération de voiles en composites sur lesquelles le chantier travaille depuis plusieurs années et qui font depuis quelques semaines l'objet d'essais sur le port de Pornichet.

13 navires à construire dans la décennie

Ces commandes et protocoles d'accord s'inscrivent "dans le sillage de 15 bateaux déjà construits par les Chantiers pour MSC au cours des 20 dernières années", rappelle l’Elysée. Si ces nouveaux protocoles sont confirmés, Saint-Nazaire devrait donc construire 13 paquebots supplémentaires pour cet armateur au cours de la décennie. A cela s’ajoutent cinq paquebots pour le groupe RCCL, quatre bâtiments logistiques - des navires certes plus petits - pour la marine nationale, et trois sous-stations, ces transformateurs servant à gérer et collecter les parcs éoliens offshore.

Les créneaux pour engranger de nouvelles commandes dans les années à venir seront donc étroits et les Chantiers de l’Atlantique vont devoir faire preuve de trésors d’ingéniosité pour construire autant de paquebots de front et en si peu de temps. Pour l’heure, le chantier naval est toujours la propriété de l’État français. La Commission européenne a reporté d'un mois, au 17 avril 2020, sa décision sur la prise de contrôle de l’italien Fincantieri sur les Chantiers de l’Atlantique. N’en déplaise au gouvernement français qui soutient cette alliance, la Commission a émis à deux reprises des craintes sur un danger potentiel de réduction de la concurrence sur les navires de croisière.

8 000 personnes au travail

Les Chantiers de l’Atlantique emploient directement 3 100 salariés à Saint-Nazaire et autant de salariés issus de la sous-traitance française auxquels s’ajoutent 2 000 salariés détachés issus de sous-traitants étrangers, dans les métiers de l’agencement (Italiens, Allemands et Finlandais principalement) et dans la métallurgie (pays de l’Est). Quelque 8 000 personnes travaillent quotidiennement sur le site. S'y ajoutent près de 6 000 salariés en sous-traitance hors du site (sous-ensembles, salles de bains, tuyauterie…).

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