En quarante-trois jours chrono, Roxanne Creutz, 28 ans, a bouclé le dossier de reprise de La Meusienne en société coopérative de production (Scop). Le fabricant de tuyaux en acier inoxydable installé à Ancerville, dans la Meuse, roulait tout droit vers sa liquidation, faute de candidat intéressé.
Mais cet été, la justice a validé in extremis l’offre bâtie par la responsable de la gestion industrielle avec des salariés coopérateurs. Alors que le dernier actionnaire, LiCap, une société d’investissement domiciliée au Liechtenstein, avait jeté l’éponge, la jeune femme ne voulait pas qu’un point final soit mis à une histoire de plus d’un siècle.
«Une usine qui ferme, c’est une activité industrielle qui ne reprendra pas»
«Une usine qui ferme, c’est une activité industrielle qui ne reprendra pas», martèle-t-elle. Pour sauver 40 emplois sur 90, celle qui a été propulsée directrice générale a travaillé d’arrache-pied avec l’aide de l’Union régionale des Scop et de l’association des anciens de l’Institut commercial de Nancy (ICN), son école. Roxanne Creutz a été recrutée en 2021 alors que La Meusienne traversait déjà une période difficile, après être passée dans le giron des géants de la métallurgie Usinor et Aperam, puis du fonds de retournement allemand Mutares et enfin de LiCap. Pendant trois ans, elle observe les directions se succéder, ce qui lui laisse la désagréable sensation d’un « éternel recommencement». Roxanne Creutz a toujours cru dans le potentiel de la société : «Il suffit de regarder autour de soi, il y a de la tuyauterie partout ! »

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3736 - Novembre 2024



