Les New Breeding Techniques (NBT) ont fait leur apparition dans le débat public en 2020 avec notamment le prix Nobel de chimie octroyé à la chercheuse française Emmanuelle Charpentier pour son outil, le Crispr-Cas 9. Mais c’est en 2021 que les discussions autour de l’utilisation de ces méthodes, qui permettent de modifier le matériel génétique d’un être vivant, se sont multipliées. Déjà utilisées dans le domaine de la santé comme nous l’expliquait le défunt Axel Kahn, les NBT font l'objet de critiques dans le secteur agricole. En cause : le principe même de ces techniques qui modifient le génome d’une plante ou d’un être humain.
Pour certains, les NBT ne seraient ni plus ni moins que de « nouveaux OGM ». Pour d’autres, comme les producteurs de semences, soutenus par le ministre de l’Agriculture, les NBT ne peuvent pas être considérées comme des OGM puisqu’il n’y a pas d’introduction de gène extérieur, mais uniquement une altération des propriétés du génome via la mutagenèse. « Les NBT ne font qu’accélérer la sélection variétale que la nature opère déjà et permettent donc de créer des plantes résistantes au stress hydrique » soutenait encore Julien Denormandie le 7 décembre.
Un débat loin d'être tranché
Le débat est encore loin d’être tranché. La Cour européenne de justice, dans un avis de 2018, a donné raison aux premiers, expliquant que les produits NBT devaient répondre à la même réglementation que les OGM. En avril 2021 pourtant, la Commission européenne s'est déclarée favorable à la révision de la législation. Le ministre de l’Agriculture français a d’ores et déjà précisé qu’il profiterait de la présidence française de l’Union européenne pour remettre sur le sujet sur la table. Il y a donc fort à parier que les NBT seront de nouveau dans le champ lexical de 2022.



