L'Usine Nouvelle : Où en est-on de la sortie du glyphosate ?
Julien Denormandie : À l’heure actuelle, une exploitation sur trois est déjà sortie du glyphosate et une sur trois a entamé sa transition. Cela signifie que, contrairement à ce que certains disent, le changement est déjà là. Au-delà de cet herbicide, si l’on considère les produits les plus dangereux, dits CMR1 et 2, leurs ventes ont chuté respectivement de 60 et 40 % entre 2018 et 2019.
Quelle est désormais la position de la France sur l’interdiction du glyphosate ?
Notre position est de dire que nous devons sortir du glyphosate à chaque fois que cela est possible, qu’il y a une solution viable disponible qui peut être mise en œuvre. Comme l’a rappelé le président de la République, cette position doit également être portée au niveau européen.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Quelle est la place de la sélection variétale dans cette transition ?
Nous devons sortir du glyphosate à chaque fois que cela est possible.
C’est un sujet fabuleux. Et depuis de nombreuses années, la France est à la pointe de la recherche variétale, notamment grâce à la recherche publique menée à l’Inrae [Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, ndlr], au rôle des instituts techniques et des semenciers. Je mets beaucoup d’espoir dans cette source d’innovation, notamment pour répondre aux défis les plus complexes, comme le stress hydrique des plantes et des forêts. La recherche variétale est un angle très pertinent. Mais il faut qu’elle soit en adéquation avec les transitions que l’on présage à trois, cinq et dix ans. Aujourd’hui, nous voyons qu’il y a des sujets sur lesquels nous arrivons trop tard, pour lesquels nous sommes confrontés à des impasses, à l’image du débat sur la betterave.
Ces sujets sont toutefois au centre de nombreuses polémiques...
Il faut avoir le courage politique de porter les sujets d’innovation et de les considérer comme une source de progrès. Je suis convaincu que le débat politique n’est pas l’émotion et la vertu, mais la raison. Je crois à un débat où l’on remet la raison et la science au cœur des discussions.
Comment faire pour y parvenir ?
Je crois à un débat où l’on remet la raison et la science au cœur des discussions.
Il faut être extrêmement pédagogue et poser le débat en des termes scientifiques, pragmatiques, loin de toute idéologie ou dogme, quels qu’ils soient. Les NBT [new breeding techniques, ou nouvelles techniques d’amélioration des plantes, ndlr] sont des techniques qui permettent une accélération de la sélection végétale. Cela veut dire qu’une plante issue des NBT est une plante qui, un jour donné, dans un endroit donné du globe, aurait pu apparaître ou être développée par des méthodes classiques de sélection variétale… mais beaucoup plus lentement ! Il faut bien expliquer tout cela.
Qu’en est-il du contexte réglementaire ?
Il est nécessaire de préciser, voire de faire évoluer un certain nombre de réglementations. La réglementation européenne [sur les OGM, ndlr] date de 2001 et n’est plus en adéquation avec la réalité scientifique. Nous attendons le rapport de la Commission européenne sur le sujet. Il doit intervenir ce printemps.



