Made in France, jusqu’à la braguette. Depuis le deuxième semestre 2022, la marque 1083 fait produire ses boutons de jeans à Albon, dans la Drôme. Une étape supplémentaire qui permet à cette entreprise créée en 2013 à Romans-sur-Isère (Drôme) de pouvoir s'enorgueillir de disposer de 90% de composants français dans ses jeans. L’entreprise, qui s’est aussi diversifiée dans les baskets, compte 105 personnes, et fait travailler au total 250 personnes en comptant ses sous-traitants. «1083 essaie de tout relocaliser à moins de 1083 kilomètres, la distance qui sépare les deux villes les plus éloignées de l’Hexagone», souligne Thomas Huriez, le président-fondateur de 1083.
Si les composants des jeans ou des baskets ne peuvent être fabriqués en France métropolitaine, 1083 cherche à les acheter au plus proche - les boutons de ses pantalons provenaient jusqu’alors d’Italie. La Chambre de commerce et d’industrie de la Drôme a mis en contact 1083 avec les sociétés Ugigrip et Vallgrip, spécialisées dans la production de crampons antidérapants pour pneus d’hiver, et dans les pièces de fixation pour l’industrie. Faute d’avoir trouvé un industriel spécialisé dans l’emboutissage, 1083 s’appuie sur des compétences en matière de frappe à froid : «Au lieu de partir d’une feuille de métal que l’on vient emboutir et pliée, on part d’un fil de fer ou d’un autre métal, coupé en petits cylindres», résume Thomas Huriez.
Une diversification bienvenue pour le sous-traitant
Pour Ugigrip, le lancement de la production de boutons tombe à point nommé : les ventes de l’entreprise étaient en repli de 30% en 2022, compte tenu de l’annulation de commandes russes. Le fabricant doit par ailleurs anticiper l’impact du réchauffement climatique sur la demande en pneus hiver - et donc en clous. Au lieu d’être transformés en clous, les fils d’aluminium sont coupés en petits cylindres et déformés afin de se transformer en boutons. Ces pièces ont un diamètre compris entre 14 et 19 millimètres.
Quatre ans se sont écoulés entre la prise de contact et le démarrage de la production à l’échelle industrielle : «Certaines machines ont été adaptées. Il a fallu tester et éprouver les boutons dans le temps. Les boutons ne doivent pas s’oxyder et supporter les lavages», précise Thomas Huriez.La bonne résistance mécanique des boutons, et leur comportement face à l’abrasion, ont aussi figuré parmi les caractéristiques recherchées. Si le mode de fabrication des boutons change, leur accroche sur les jeans n’a pas changé, permettant de décliner le principe dans la trentaine d’usines qui travaillent pour 1083. Le prix des nouveaux boutons reste quasi-identique à ceux importés d’Italie, assure Thomas Huriez.
Prochains éléments à relocaliser, le coton et la teinture indigo qui sert à la teinte des jeans. «Grâce au recyclage, nous y arriverons plus tôt sur le coton. Pour la teinture, au vu des volumes, pour l’heure, ce n’est pas encore à notre portée», explique Thomas Huriez, qui s’approvisionne aussi en Italie pour ce dernier composant. Les boutons, eux, sont pour l’heure bruts, couleur aluminium.



