Enfant, Nicolas Gomarir a vécu de près la désindustrialisation du textile français, avec la délocalisation du poste de sa mère, ouvrière de la laine dans le Var. Deux décennies plus tard, en 2014, il devient un acteur de son renouveau, en ouvrant à Perpignan (Pyrénées-Orientales) un atelier de sérigraphie textile, LCS. « J’ai commencé dans mon garage, en floquant des T-shirts pour des copains », raconte celui qui travaillait alors pour une intercommunalité, quittée par envie d’entreprendre. Son souhait : « Dépoussiérer le métier, avec un esprit start-up. »
Pour se démarquer, il intègre le maximum de techniques de marquage (couture, broderie à la presse, sérigraphie...), insiste sur le service client et la fabrication locale. En 2019, il crée la marque de sport Maillot Français. Pari réussi : le 8 décembre, Nicolas Gomarir reçoit la certification Origine France Garantie. Il agrandit par ailleurs son outil de production : « Nous commençons en décembre les travaux d’une nouvelle usine. » Soutenu par France Relance, ce projet de 2 millions d’euros créera à Perpignan une « manufacture » de 2 000 m2 qui emploiera à l’ouverture, en 2024, 66 personnes, contre 38 aujourd’hui. L’ambition est de doubler d’ici à deux ans le chiffre d’affaires, prévu à 2,5 millions d’euros en 2022 (+ 56 %). « Le mot usine fait peur aux jeunes. Pourtant, on peut donner de la fierté avec une usine digitalisée et écoresponsable. Dans trois ans, toute la production sera faite à partir de tissu recyclé, au lieu de 30 % aujourd’hui. » Pour affûter les compétences, il veut aussi monter une formation interne à la sérigraphie, à la broderie et à la couture.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3713 - Décembre 2022



