1% for the Planet, une bonne idée dont devraient s'inspirer les pétroliers

[Climato-éthique] Depuis sa création en 2002 par le patron de Patagonia, l’association philanthropique 1% for the Planet a permis le versement de 450 millions de dollars à des associations environnementales. Les pétroliers devraient peut-être s’y mettre.

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1% for the Planet a verser 450 millions de dollars à des associations environnementales depuis 2002.

L’initiative 1% for the Planet existe toujours. Et mérite qu’on s’y intéresse à nouveau. Lancée en 2002, aux États-Unis par Yvon Chouinard, fondateur et propriétaire de Patagonia, et Craig Mathews, ex-propriétaire de Blue Ribbon Flies, un distributeur de matériel de pêche, elle a pour objectif d’augmenter l’impact de terrain des actions menées par les associations de protection de l’environnement en facilitant leur recherche de fonds. 9% seulement des sommes dédiés à la philanthropie iraient à l’environnement dans le monde. Présent dans 60 pays, avec 5500 entreprises adhérentes, 1% for the Planet annonce avoir déjà permis de verser 450 millions de dollars.

En France, seul autre pays où elle dispose d’une structure permanente basée en Savoie, elle fédère 1200 TPE, PME et quelques ETI qui dédient 1 % de leur chiffre d’affaires à la philanthropie environnementale. Parmi elles, principalement des entreprises familiales, comme Caudalie, Oxo, Nature et découvertes… Mi octobre 2023, lors d'un événement annuel, elles ont promis 1,2 million d’euros de dons, un record, pour financer 40 associations environnementales sélectionnées dans un vivier de 750 par l’association 1% for the Planet. Elles présentent chacune un projet précis à financer. Cela peut être aussi varié qu'une initiative pour limiter les dégâts environnementaux de l’exploitation de nickel dans une forêt primaire de l'île de Sulawesi que porte NatureEvolution, ou l’essaimage des variétés anciennes pour l’autonomie semencière et alimentaire de Graines De Troc. Quelque 200 mécènes et fondations étaient présents pour les écouter, faire leur choix et annoncer leur promesse de dons. Entreprises philanthropes et associations s’arrangent ensuite entre elles, 1% for the Planet vérifiant «que les promesses sont tenues» de part et d’autre, explique Isabelle Susini, la directrice du réseau France.

Et pourquoi pas 1% pour le climat ?

Forcément, 1% du chiffre d’affaires cela fait tout de suite beaucoup pour les entreprises qui gagnent des milliards. Pour TotalEnergies, en 2022, cela représenterait 2,8 milliards de dollars et environ 8% du bénéfice. On comprend d’un coup pourquoi seules les entreprises familiales ou des PME adhèrent au concept. Et tout cet argent d’un coup ferait totalement changer d’échelle l’initiative. Mais, elle donne à réfléchir.  Alors que TotalEnergies explique que le Nord doit investir dans la transition énergétique du Sud Global, que l’Agence internationale de l’énergie demande aux pétroliers de réserver la moitié de leur investissement aux renouvelable mais que Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, explique qu’il n’arrive pas à investir dans les renouvelables dans les pays émergents pauvres, notamment en Afrique, faute de garanties bancaires des gouvernements, 1% de son chiffre d’affaires ne pourrait-il pas changer la donne ?  Surtout s’il entraine les autres pétroliers derrière lui. L’idée est surement farfelue. Mais vu l’urgence climatique, créer un vrai 1% pour le climat, qui ne dépendrait pas des États n’est peut-être pas une si mauvaise idée.

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