Pour une entreprise, revendiquer sa vertu se révèle bien souvent à double tranchant. Le groupe de cosmétiques et d’habillement Rocher l’a appris à ses dépens en début d’année avec son assignation en justice pour manquement suspecté à ses obligations découlant de la loi de 2017 sur le devoir de vigilance des sociétés mères.
Des ONG (ActionAid France et Sherpa), un syndicat et plusieurs anciens salariés d’une filiale turque lui reprochent des entorses à la liberté syndicale et aux droits des travailleurs. De son côté, le groupe dénonce une action menée « sur la base d’accusations erronées ».
Une chose est sûre : la démarche d’une « entreprise à mission » – instaurée par la loi Pacte et dans laquelle l’entreprise est engagée depuis 2019 – est utilisée par les ONG pour mettre la pression. La « mission » du groupe Rocher étant essentiellement environnementale, les limites de cette approche volontariste de la responsabilité des entreprises éclatent au grand jour, estime-t-on chez Sherpa.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n° 3710 - Septembre 2022



