Quelques secondes après son serment dans la rotonde du Capitole, le nouveau président Donald Trump a annoncé «la fin du déclin» à un pays dont le taux de croissance annuel atteint – tout de même – 3%, et promis «l’âge d’or» américain. Dans un discours d’une demi-heure, semblable à un condensé de ses plus virulentes allocutions de campagne, il n'a précisé ni le calendrier, ni le détail de ses prochaines mesures réglementaires. Il s'est contenté de réitéré son programme économique populiste, anti vert et protectionniste.
En premier lieu, Donald Trump s’engage à abroger le «Green New Deal», la nouvelle donne écologique de son prédécesseur Joe Biden. L’offensive se traduit par un Executive Order, signé devant 20000 de ses partisans sur la scène du stade couvert Capital One de Washington, ordonnant le retrait des Etats-Unis des accords de Paris sur le climat. Elle annonce aussi une promotion active des énergies fossiles résumée par sa formule fétiche «drill, baby drill» («fore chéri, fore»).
Pétrole, gaz et charbon à l'honneur
Le Président, à peine installé dans le bureau ovale une heure plus tard, a décrété «l’Urgence énergétique nationale» pour suspendre les règlementations de protection environnementales et sanitaires qui à ses yeux restreignent l’extraction du pétrole, du gaz naturel et du charbon, en particulier dans zones fédérales d’Alaska. Cette urgence légale n’a jamais été invoquée par aucun président américain en ces termes. Jimmy Carter, dans les années 1970, avait utilisé des «regional emergencies» pour soulager ponctuellement les pénuries d’essence dues au contrôle des prix après le choc pétrolier. Donald Trump entend, lui, utiliser ce pouvoir pour «réduire la facture de l’énergie de 50%» – alors que les prix à la pompe sont déjà retombés à trois dollars par gallon d’environ 4 litres. De plus, les priorités «vertes» de Joe Biden n’ont pas empêché les Etats-Unis de maintenir leur position de premier exportateur d’énergie sur un marché mondial, proche de la surproduction.
Le secteur pétrolier apprécie cet autre cadeau du nouveau président : l’abolition du fameux «Electric Vehicle Mandate», ainsi dénommé par les républicains pour laisser entendre que le gouvernement sortant souhaitait obliger les Américains à acheter des voitures électriques. Or, ce décret de Joe Biden, sans force contraignante, se limitait à désigner un objectif, et à inciter l’industrie automobile à assurer la moitié de ses ventes par des modèles électriques avant 2030.

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Par-delà cette annulation symbolique, promise pendant toute la campagne, Donald Trump devra défaire, non sans difficultés, l’énorme écheveau de réglementations sur les émissions des voitures thermiques qui devait encourager les constructeurs à passer à l’électrique dans ces délais. De nombreuses normes antipollution ont été imposées par des Etats comme la Californie, ce qui exigera le vote de lois fédérales ou des recours judiciaires tranchés par la Cour Supreme, et suscitera les protestations de l’industrie automobile, en quête de stabilité et de sécurité pour les investissements dans l’électrique déjà engagés.
Le sort de l'IRA et des droits de douane encore flou
Le président, malgré son offensive verbale contre les énergies renouvelables, reste encore flou sur le sort de l’Inflation Reduction Act de 2022, pierre angulaire de la décarbonation de l’industrie américaine lancée par son prédécesseur. Joe Biden avait pris la précaution d’accorder en hâte, depuis les élections, près de 85% des avantages fiscaux destinés aux secteur des batteries et de la voiture électrique par l’IRA pour cette année. Cette loi ne peut être abrogée que par une mobilisation massive du Congrès, improbable vu la faible majorité républicaine à la Chambre des Représentants et les priorités des élus de ce parti – dont les circonscriptions accueillent la majorité des implantations industrielles favorisées par l’IRA. Les aides fiscales aux particuliers pour l’achat de voitures électriques pourraient en revanche être réduites, voire supprimées, après de difficiles tractations avec les grands de l’automobile.
Donald Trump s’est gardé d’ajouter à la masse des 200 Executive Orders signés au soir du 20 janvier dans le bureau ovale un décret sur les droits de douanes de 25%, dont il menaçait les partenaires Mexicains et Canadiens, et les droits «universels» qu’il envisage aussi pour toutes les importations aux Etats-Unis. Préparés depuis novembre à cette éventualité, les pays concernés risquaient de répondre immédiatement par une guerre commerciale qui aurait provoqué le chaos durant sa première semaine à la Maison Blanche. De plus, ces décrets dérogeraient pour partie au traité de libre-échange USA-Mexico-Canada qu’il a lui-même renégocié en 2020.
Enfin, ces mesures restent un sujet de discorde au sein de son gouvernement. Elles opposent toujours les partisans du «cas par cas», comme son secrétaire au Trésor Scott Bessent, qui voit les droits de douane comme un levier de négociation ponctuel sur des différents économiques ou politiques – tel le meilleur contrôle des migrants et des trafics aux frontières mexicaines et canadiennes – et les idéologues du protectionnisme comme le très nationaliste Stephen Miller, son influent chef de cabinet adjoint chargé des Affaires politiques, désireux de maintenir ces barrières commerciales en permanence. Trump a demandé une évaluation de l’état des échanges commerciaux avec différents pays et régions, et pourrait prendre des mesures ciblées après une investiture à grand spectacle.



