Trois stratégies pour le foncier industriel : produire plus haut pour limiter son empreinte

Les industriels innovent pour réduire leurs besoins en foncier et optimiser l'implantation de leurs nouvelles usines. Par exemple, en construisant en vertical plutôt qu'en horizontal.

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À Bournezeau (Vendée), Hoffmann Green Cement verticalise l’usine pour prendre en compte le coût important du foncier.

S’élever dans les airs pour produire davantage à un coût moindre, tel est le pari d’Hoffmann Green Cement Technologies. À Bournezeau (Vendée), l’entreprise a investi 22 millions d’euros pour disposer, en 2023, d’une capacité de production de 250 000 tonnes de ciment, sur un terrain de 15 000 m2 dans sa deuxième usine baptisée H2.

Des chiffres à mettre en regard avec ceux de sa première usine H1 ouverte en 2019 : 50 000 tonnes de production pour 30 000 m2 de terrain et 10 millions d’euros d’investissement pour ce premier site pilote, organisé en 48 silos. Si H2 occupera moitié moins de surface, elle sera aussi plus visible : l’usine prendra la forme d’une tour de 70 mètres. «C’est l’équivalent d’un immeuble d’une quinzaine d’étages. Il y aura aussi moins de nuisances sonores, avec des épaisseurs de murs en béton bien plus importantes qu’avec du bardage classique», rassure Julien Blanchard, le président du directoire et cofondateur. Hoffmann Green Cement produit du ciment à froid, sans four ni clinker.

Pour sa nouvelle usine, l’inspiration a été prise sur les tours de mélange de l’industrie des minéraux. À la place des convoyeurs, les matières seront transportées par gravité. Moins de moteurs, donc, et une réduction de la surface à éclairer par la même occasion. Des économies d’électricité de 20 à 30 % sont espérées. Un petit bâtiment de stockage de 1 000 m2 est adjacent.

Situé dans une zone peu dense, dans le bocage vendéen, Hoffmann Green Cement n’a pas eu de difficultés à faire passer le projet, mais s’est assuré que le plan local d’urbanisme permettait une telle hauteur. Sans attendre, elle a annoncé, pour 2024, la production d’une autre usine du même type, sur le port de Dunkerque (Nord). «Verticaliser l’usine permet de prendre en compte le coût important du foncier, bien plus cher dans les grandes villes», poursuit Julien Blanchard. Il n’est pas le seul à plancher sur la question.

Une ferme verticale de 36 mètres de haut

À Changé (Mayenne), Gys, fabricant d’équipements pour la soudure et l’entretien des batteries, procède aussi par étages pour un nouveau site de production, tandis qu’à Poulainville (Somme), la plus grande ferme verticale au monde est en construction pour Ynsect, spécialiste de l’élevage de scarabées pour l’alimentation animale. Hauteur du bâtiment prévue : 36 mètres ! 

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3713 - Décembre 2022

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