Tri des batteries, pollution de l'air, stockage d'énergie... Trois innovations primées au salon Pollutec

Quelles greentechs proposent des solutions de dépollution les plus innovantes? Le salon Pollutec a distingué les solutions de trois entreprises françaises engagées dans la transition énergétique et écologique parmi 12 finalistes.

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Pollutec innovation awards 2023
Les vainqueur des Pollutec Innovation Awards décernés par un jury d'experts.

Douze entreprises françaises ont pitché à la tribune du salon Pollutec (à Lyon du 10 au 13 octobre). Objectif : dénicher des solutions de dépollution innovantes. Trois ont recueilli les faveurs du jury. 

Le stockage thermique de Grims énergie

L’entreprise occitane Grims énergie a été récompensée pour sa solution de stockage d’énergie thermique, compacte et modulaire. Cette branche du fondeur Grims Industrie devrait prochainement signer son premier contrat. «Nous avons fini la phase pilote et nous avons obtenu les brevets», indique Cyrille Grimaud, directeur général de cette entreprise familiale. Grims Energie a travaillé avec le CEA Liten pour mettre au point la Grimsbox, compacte, modulaire et connectée, destiné au stockage thermique entre 0°C et 110°C. 

En fait, cette solution repose sur deux technologies nouvelles. La première qui sert d’échangeur est une mousse alvéolaire développée en fonderie, très compacte, conductrice de chaleur, inspirée du biomimétisme. La seconde, l’échangeur, est basé sur des matériaux de changement de phase (MCP) bio-sourcés avec une densité de stockage cinq fois plus élevée que celle du stockage en eau. La Grimsbox permet de stocker de la chaleur entre 40 et 120°C et de lisser et diminuer la puissance installée, d’où les économies d’énergie.

Au sein de Grims Energie, on rappelle que 50% de la chaleur fatale concerne des chaleurs de moins de 100°C. Le pilote avec un démonstrateur de 50 kWh a été réalisé dans le réseau de chaleur de Montpellier (Energie du sud). L’énergie fatale provenait d’un data center, mais les applications peuvent concerner les énergies renouvelables sujettes à l’intermittence.

Le textile de Purenat pour détruire les polluants organiques de l’air

Autre innovation venue d’Occitanie, la start-up Purenat a développé le premier textile capable de capter et de détruire les polluants organiques de l’air en intérieur. «La pollution de l’air est la quatrième cause de mortalité dans le monde et elle cause sept fois plus de morts en France que les accidents de la route», rappelait en préambule lors de sa présentation Manon Vaillant, directrice générale et cofondatrice de Purenat avec Natacha Kinadjian Caplat qui a développé ce nouveau matériaux biomimétique breveté, un fil photocatalytique. «Il capte non seulement les polluants, mais aussi les bactéries et les virus, prévientManon Vaillant. Il n’est plus utile de changer les filtres et notre solution s’intègre dans les procédés industriels contre la pollution.» Soutenu par Bpifrance et l’Ademe, Purenat sort de la phase de R&D. Il n’est plus utile de changer des filtres qui perdent avec le temps en efficacité. La durée de vie est estimée à 50 000 heures, soit tous les jours pendant cinq ans.

MTB accélère le prétraitement des batteries

L’entreprise iséroise MTB travaillait depuis cinq ans en R&D sur les batteries. Elle n’est pas inconnue dans ce secteur. Elle est notamment partie prenante du projet Resolution piloté par Orano. Cette entreprise qui travaille depuis quatre décennies sur le recyclage des déchets complexes s’est donc attaqué aux batteries lithium-ion et plus particulièrement au prétraitement par broyage inerté et évaporation en continu de l’électrolyte. «Notre but est de bien préparer la matière en vue d’un tri le plus performant», explique Elodie Blais, responsable marketing et communication chez MTB. Encore au stade du pilote, qui est en cours de finalisation, il permet de travailler en continu et donc plus rapidement tout en évitant les stocks tampon. Avec un débit de 1 à 4 tonnes/heure, cette solution permet de s’affranchir de l’étape de pré-broyage par cisaille ou le recours à des solutions de broyage sous eau.

L’autre volet de cette innovation est le Drycell Box. «C’est une opération mécanique de densification, prévient Guilhem Grimaud, chef éco-innovation chez MTB. On lamine pour récupérer le maximum de matières et nos blackmass sont beaucoup plus propres.» MTB annonce un taux de récupération des métaux stratégiques de 95%, avec une pureté de 98%.

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