Thales Alenia Space ne cache pas ses ambitions dans les communications quantiques : l’entreprise vise la création d’un réseau internet quantique de bout en bout d’ici à 2035. Le partenariat signé avec le singapourien SpeQtral, qui compte lancer un satellite de communications quantiques en 2024, marque une étape clé dans cette direction.
Cette collaboration va permettre à l’entreprise franco-italienne de tester ses stations au sol avant le lancement de son propre satellite quantique... qui devrait avoir lieu un an et demi après celui de son partenaire. D’ici là, Thales Alenia Space va équiper l’Observatoire de la Côte d’Azur, à Nice, avec le matériel nécessaire pour échanger de l’information quantique avec l’orbite, notamment un télescope capable d’envoyer et de recevoir des photons.
D’ici à cinq ans, ses chercheurs espèrent avoir démontré la faisabilité de telles communications et déployé une seconde station au sol. Ce seront les deux premières briques du réseau que l’entreprise va ensuite agrandir, avant de le commercialiser d’ici à la prochaine décennie. Ce réseau se fonde sur une propriété quantique bien connue, l’intrication, qui permet à deux particules – en l’occurrence, des photons – de partager un même état à tout moment.
Indispensable pour mettre en réseau des ordinateurs quantiques, qui ne peuvent communiquer sur des flux optiques conventionnels, cette approche appelée internet quantique pourrait permettre d’associer des puissances de calcul quantique à travers l’Europe, voire au-delà. Décuplant ainsi les capacités de cette technologie.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3712 - Novembre 2022



