L’avenir de Stellantis en France se dessine. Juste après avoir annoncé un investissement dans son usine de Rennes-La Janais (Ille-et-Vilaine), le groupe automobile a annoncé la création d’un «campus vert» à Poissy (Yvelines). Le projet concerne environ 8 000 salariés dans les fonctions de la R&D, du tertiaire et des moyens d’essais. Chez les syndicats, on redoute un nouveau coup porté aux équipes françaises d’ingénieurs.
En juillet, les salariés de Stellantis avaient appris le lancement d’une étude sur ce chantier baptisé « projet Alto ». Le regroupement est désormais confirmé. L’entreprise n’a pas encore dévoilé le montant de l’investissement. Dans un communiqué, elle décrit un site «moderne», moins énergivore et faisant la part belle aux «modes de travail hybrides». Le site doit être opérationnel en 2024. Surface annoncée : 60 000 mètres carrés.
Trois sites et près de 8000 salariés concernés
Le campus doit accueillir environ 7950 personnes. On y retrouvera l’intégralité du personnel du «centre d’expertise métier & région» (CEMR) de Poissy (plusieurs milliers de personnes) et aussi la totalité des équipes de l’ancien siège de FCA à Trappes dans les Yvelines (500 personnes). Autre site concerné : celui de Vélizy (Yvelines). Dans ce centre qui compte 4 300 salariés, 2 800 devraient migrer vers le nouveau campus.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Officiellement, ce projet ne doit pas provoquer de suppressions de postes. Et, le centre de Vélizy doit rester ouvert. Le site garderait notamment les fameux bureaux de l’ADN (pour « automotive design network »). Ce laboratoire abrite les activités liées au design et à l’architecture des véhicules.
La direction promet aussi des investissements à Vélizy «pour offrir aux équipes de Stellantis implantées sur ce site des conditions de travail au meilleur standard». «Le site de Vélizy est très vétuste, notamment en termes d’isolation et de chauffage. Nous avons souvent affaire à des pannes et des fuites d’eau», décrit Jean-Marie Roy, responsable syndical SIA-GSEA sur le site.
«Beaucoup de questionnements autour des bancs d’essai»
Malgré le discours rassurant de la direction, la CFDT s’interroge sur la stratégie derrière ce regroupement. «Vélizy est le plus gros site de la R&D [de Stellantis en] France et le projet Alto va durement l’impacter», prévient le syndicat dans un communiqué. «Il y a beaucoup de questionnements autour des bancs d’essai. La direction n’a pas totalement répondu. Elle nous dit qu’elle va essayer de faire de l’optimisation de certains bancs plutôt obsolètes mais ces bancs généraient un certain volume d’activité sur le site de Vélizy», analyse Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT de Stellantis.
Des inquiétudes renforcées par le fait que Stellantis peut s’appuyer sur des moyens d’essai modernes en Inde et au Maroc. «Eux bénéficient d’installations toutes neuves alors qu’il y a eu un tel manque d’investissements sur nos installations qu’elles sont obsolètes», déplore Sébastien Sidoli, responsable de la section CFDT de Stellantis à Vélizy. Les syndicats décrivent également l'allongement du temps de trajet pour les salariés déplacés et l'augmentation de leurs frais kilométriques.
Stellantis doit présenter son plan stratégique fin 2021 ou début 2022. Une présentation très attendue par les syndicats dans un contexte social tendu au sein du groupe. «La R&D paye un assez lourd tribut de cette fusion, estime Christine Varassamy. Il y a beaucoup d’activités en R&D délocalisées vers le Maroc et vers l’Inde.»



