Spécialisée dans la production de polymères techniques recyclés premium, Skytech a annoncé, mardi 11 janvier, changer de gouvernance. A la tête de la société depuis fin 2020 - où il avait alors remplacé Philippe Caron - le PDG Arthur Rozen a quitté l’entreprise « pour raisons personnelles », indique la communication. Jérôme Le Conte et Christophe Lamboeuf rejoignent l’entreprise, respectivement comme président du conseil d’administration et directeur général. Le binôme doit accélérer le développement de la start-up.
Skytech est à l’origine de Triblast, un procédé breveté de séparation et de recyclage des polymères basé sur la triboélectricité. Grâce à cette technologie, elle revendique être la seule à trier deux plastiques différents et à obtenir un taux de pureté supérieur à 99 % avant granulation. Opérationnelle depuis 2020, l’usine francilienne de Bonnieres-sur-Seine a produit 10 000 tonnes de résines - acrylonitrile butadiène styrène (ABS), polypropylène (PP) et polystyrène (PS) - en 2021. Les déchets proviennent essentiellement de véhicules hors d’usage (VHU) et de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Une fois transformée en granulés, la matière est destinée à produire des pièces automobiles, de l’électroménager, des emballages…
Spécialiste de l’environnement
Nouveau PCA de Skytech, Jérôme Le Conte connaît bien la green tech pour en avoir été, depuis 2018, l’administrateur au sein de Xerys Invest, la société de gestion qui en est l'actionnaire ultra majoritaire. Passé par de grands groupes spécialisés dans les services à l’environnement, ce diplômé de l'École polytechnique et de l'École nationale des ponts et chaussées a notamment été président exécutif de Saur. Il a aussi exercé au sein de Veolia Propreté, comme directeur général France, puis comme président. Auparavant, il avait occupé le poste de directeur général adjoint de Veolia. « Mon objectif sera d’accompagner Christophe Lamboeuf, le comité de direction et l’ensemble de la société dans le franchissement de ses prochaines étapes de croissance, entre montée en puissance du nouveau site propriétaire de Val d’Hazey et déploiement à l’international. »
Développer l’international
Nouveau directeur général de Skytech, en charge de l’opérationnel, Christophe Lamboeuf a été directeur général et financier de plusieurs sociétés technologiques. Titulaire d'un DESS de finance de l'IAE et d'une maîtrise d'économie et de gestion, il a été directeur général délégué de Mauna Kea Technologies en charge des opérations et des finances. Il assuré la direction financière puis la direction générale déléguée d'Intrasense. Ses expériences des levées de fonds et des structurations internationales serviront les objectifs fixés, notamment une implantation prochaine en Italie. « Je suis très enthousiaste de rejoindre Skytech et ses équipes pour piloter le développement de cette belle greentech au très fort potentiel. Les enjeux autour de l’économie circulaire et de la régénération des plastiques complexes dans les secteurs industriels et plasturgiques sont clés pour atteindre les objectifs de neutralité carbone que la France et l’Union européenne se sont fixés ».
Montée en puissance
Outre l’expansion internationale, les deux hommes conduiront la croissance de la société en France. En mars 2021, l’entreprise s’est installée au Val d’Hazey (Eure), sur un site de 20 000 m2. En 2022, le site normand accueillera les deux lignes actuellement opérationnelles à Bonnieres-sur-Seine. Le déménagement est prévu ces prochains mois. Une autre ligne sera ajoutée dans la foulée. La capacité de production avoisinera alors les 35 000 tonnes, contre 10 000 l'an dernier, indique l'entreprise.
L’optimisation du recyclage et la réincorporation de matériaux est une priorité stratégique pour la France. En septembre 2021, le gouvernement avait annoncé 370 millions de fonds publics supplémentaires pour le secteur sur la période 2021-2027, en plus des 200 millions d’euros déjà engagés pour l'économie circulaire du plan France Relance. La start-up, qui ambitionne de devenir le numéro 1 européen de la production de rABS et de rPP (résines régénérées) "premium", a été soutenue dans le cadre de l’appel à projets « Relocalisation », à hauteur de 1,5 million d’euros.



